Calexico

+ Françoiz Breut

Paris, Bataclan - 29.10.2006

» Compte Rendu

le 08.11.2006 à 06:00 · par Ana C.

Encore une fois ! Trop en retard pour la première partie, et pouvant juger uniquement sur la base du seul morceau qu’on a pu écouter, on concluera tout simplement que Françoiz Breut continue à imposer autant qu’auparavant. Toujours avec cette voix magnifique car inhabituelle, à l’accent un poil dérangeant (autant qu'attirant), loin des modes, écouter Françoiz est quelque part écouter le récit ancien d'une femme qui arrive à travers le temps jusqu'à nos oreilles. Beau comme c’était, on se permet de maintenir l’espoir qu'un jour, ce génie de l’écriture (jamais retrouvé depuis le superbe Vingt à trente mille jours) recroisera notre chemin.

Par la suite, il revenait à Calexico d’enflammer la soirée. Un dimanche soir, on ne voit pas de salles remplies de cette façon, et force est de constater que bien qu’il doit y avoir pas mal de vieux fans déçus par leurs derniers travaux (tout particulièrement par le faible Garden Ruin), les perspectives d’une fiesta mexicaine de la main des talentueux tucsoniens avait été la plus forte. Et cela n’aura pas été en vain.

D’accord, ça a démarré avec un titre "inconnu" et assez poppy (un truc du dernier, on s’en doute), on ne dira pas mauvais mais… "sympa", vous voyez le genre. Et il y en a eu pas mal, de petits morceaux gentils comme celui-ci, des collègues d’album sûrement, qui n’ont rien changé à un concert sublime car il sont venus tout juste s’éparpiller entre le reste des titres énormes, dont la discographie de Calexico ne fait pas l'économie. Conscients de leurs vrais atouts, mais orgueilleux quand même, pour ne pas se limiter aux vieilles gloires, Burns, Convertino & co ont déployé leur artillerie pour faire passer leurs nouvelles compositions (accueillies avec beaucoup moins d’excitation par le public) entre le reste du répertoire. Pour le bonheur des spectateurs ! Et oui, on ne se croirait pas à Paris : on ne va pas dire que les foulards bobos ont fini en tournant rond sur leur têtes mais il n’y a pas manqué beaucoup ! Et pour cause. Quand on revisite le chef d’œuvre qu'est The Black Light tout en choisissant sagement les titres plus festifs de Feast of Wire, il y a de quoi faire bouger les gens. Beaucoup d’inoubliables, donc : des instrumentaux mythiques comme Minas de Cobre, Stray (un des moments d’extase) ou Close Behind, des nostalgiques Sunken Waltz et des tonnes de cette invention à eux qui est le tube rock mexicain qui frôle le ringard sans n’être rien d’autre que super amusant (Güero Canelo ou Roka). On a presque commencé à trouver marrantes leurs dernières idées !

Entre les curiosités, le duo avec Mme Brrr pour revisiter Si tu Disais s’imposait. Il y a eu aussi une interprétation par Burns de ce qui semble être sa chanson française préférée, Les Feuilles Mortes (plutôt ratée), et une reprise (très réussie, celle-là) de Love (Alone Again Or, "la" chanson de Love, quoi). En tout c’était presque deux heures de concert si l’on compte le rappel qui s’est achevé par un magnifique Crystal Frontier de folie.

Quand quelqu’un offre tellement de bonne musique, aussi bien interprétée (s’il y a une chose qu’on ne pourra jamais reprocher à Calexico c’est leur jeu et leur son impeccables) et avec un tel dévouement et une telle énergie, savoir si l’on aime ou pas leur derniers albums devient plus que secondaire. A l’image d’un vieil ami, à qui on pardonne n’importe quelle connerie qu’il puisse faire, avec Calexico on ne peut s’empêcher de les accueillir à bras ouverts, en riant ou en pleurant (voire les deux en même temps) pour aller se prendre des verres et continuer à rêver ensemble jusque l’aube : salud !!!

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Photo Concert Calexico + Françoiz Breut, Paris, Bataclan, le 29.10.2006

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