Jeffrey Lewis

Rennes, Mondo Bizarro - 06.03.2006

» Compte Rendu

le 10.03.2006 à 00:00 · par Eric F.

De retour à Rennes après un passage il y a cinq mois (déjà !), Jeffrey Lewis, son frère Jack et le batteur David Beauchamp posaient cette fois leur valises du côté du légendaire Mondo Bizarro.

Première surprise en pénétrant dans le café-concert rennais puisque l'on tombe nez à nez avec David Ivar Herman Düne que le Jeffrey Lewis Band a récupéré la veille à Paris pendant leur premier day-off depuis des lustres. Inutile de demander au grand barbu s'il sera de la partie...

L'arrivée ayant été tardive, pas de première partie, on rentre directement dans le vif du sujet. Jeff, avec sa coupe de cheveux très monacale, lance alors un paisible Moving acoustique que tout le monde se met à suivre avec décontraction. Il faut bien préciser que si la foule est à peu près aussi nombreuse que la dernière fois (c'est à dire pas tellement), le Mondo Bizarro étant beaucoup plus exigu que le Jardin Moderne, la température augmente quasi instantanément de quelques degrés. Encore plus quand Jack prend le relais pour un Deer in the Woods qui rappelle Herman Düne autant par son titre que par sa classe naturelle. Une bonne piqûre de rappel pour ceux qui pensent encore que Jeffrey Lewis est le seul maître à bord (on pourrait d'ailleurs lancer un débat passionné sur qui des deux frangins compose les meilleurs morceaux).

David Ivar Herman Düne reste pendant ce temps presque plaqué contre le mur gauche, tenant ses rythmiques habituelles a l'ukulélé, n'hésitant pas à enclencher allègrement sa pédale de distortion pour répondre aux assauts de la six cordes de son pote Jeff. Le concert atteindra d'ailleurs à plusieurs reprises des intensités sonores quasiment dignes de Sonic Youth (pas mal avec une guitare et un ukulélé !), parfaitement mises en valeur par un son assez brut mais fort agréable (je maintiendrais cette position malgré les avis divergents). Peut-être est-ce dû à la proximité beaucoup plus forte avec le quatuor d'un soir, mais il se dégage beaucoup plus de choses que lors du concert du Jardin Moderne, la setlist se faisant d'ailleurs beaucoup plus rentre-dedans (un Art Land encore plus pétaradant que d'habitude au risque de perdre un peu de précision, The Man with the Golden Arm toujours aussi exaltant).

L'autre fait marquant sera l'incroyable qualité des nouveaux morceaux, qu'ils soient signés Jack ou Jeff (notamment une chanson aux arpèges typiquement country mais dynamités). Tirons d'ailleurs notre chapeau à David Ivar Herman Düne de s'en être si bien sorti sur des morceaux qu'il ne connaissait même pas. Il faut dire qu'à voir les mimiques amusées de David Beauchamp, il était plutôt évident que même le batteur du groupe ne maîtrisait pas tout le répertoire de la soirée, sans pour autant se trouer une seule fois. Il demandera d'ailleurs un intermède "music video" pour se remettre d'Art Land, ensuite suivi d'un Posters toujours aussi jouissif.

L'amateurisme forcené des frères Lewis est tout aussi amusant que rassurant. Voilà des types qui sont capables de jouer sur un mini-clavier avec leurs pieds tout en réussissant à proposer des morceaux parfaits. On ne se sera d'ailleurs pas ennuyé une seule seconde, on aura aussi beaucoup ri (David Beauchamp et ses mimiques impayables, sa parfaite imitation d'une alarme sur If You Shoot the Head You Kill the Ghoul).

Jeffrey Lewis aura bon annoncer en plein We Don't Want No LSD Tonight qu'il s'agit de la dernière chanson du set que ses compères n'en quittèrent pas la scène pour autant, demandant au public de faire revenir l'évadé (pas en faisant un encore, mais tout simplement en allant le chercher). Pour passer le temps, Jack décide de se lancer dans une composition exaltée, sa basse gorgée de distortion pendant que DIHD fut tout simplement impressionnant de maestria sonique sur son minuscule ukulélé, tel un Thurston Moore.

Passé ce morceau tout le monde reste sur scène, Jeff ne revient pas. Jack accorde la guitare de son frère et si celui-ci n'a donc plus aucune excuse pour ne pas revenir, c'est bel et bien son frère qui clôturera le concert par un nouveau morceau entraînant, arrêté un peu prématurément par une perte de jack. On n'aura même pas souffert de l'absence de Jeffrey Lewis pendant ce drôle de rappel qui nous aura rappelé tout le talent de la fratrie. Quant à leur générosité, elle ne nous était jamais sortie de l'esprit.

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Photo Concert Jeffrey Lewis, Rennes, Mondo Bizarro, le 06.03.2006

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