Charalambides

+ Samara Lubelski

+ P.G. Six

Paris, Le Point Ephémère - 10.11.2005

» Compte Rendu

le 26.11.2005 à 12:00 · par Antoine D.

Pluie et embouteillage rythment le quotidien du Parisien au mois de Novembre. Le 10 de ce mois n'échappa pas à ces deux contraintes, et c'est au Point Ephémère que les spectateurs curieux de voir une affiche aussi séduisante que rare se retrouvèrent.

Samara Lubelski eut la chance de commencer la soirée. Malheureusement, le concert qu'elle délivra ce soir là, resta une toute petite performance. S'escrimant sur sa guitare, sa voix monotone et ses mélodies ressassées, Samara devant une salle à moitié vide sembla jouer toujours et encore la même chanson... Heureusement aidée sur la fin de son set par Pat Gubler à la flûte traversière, le concert de Samara Lubelski s'acheva sur une note de déception.

Ce fut alors au tour de P.G. Six - accompagné de sa seule guitare - de revenir sur scène pour livrer un set relativement court (une demi-heure environ). Co-fondateur du collectif Tower Recordings, auteur de deux albums sous sa propre bannière, Pat Gubler nous livrait ce soir un florilège de ses plus belles compositions (mentions spéciales à Come In/The Winter It Is Past et Old Man on the Mountain).

De la clarté de son jeu à la guitare jusqu'au timbre chaleureux de sa voix, le new-yorkais ne cache guère ses affinités pour l'acid-folk made in UK, tout particulièrement celui de Bert Jansch. Et c'est en se basant sur une couverture très complète de son instrument qu'il surprend régulièrement par sa capacité à oser les changements radicaux de directions et à toujours retomber sur ses pattes, signant ainsi des morceaux singuliers et souvent très évolutifs. Sa prestation est assurément la confirmation d'un songwriter à suivre de très près : gageons d'ailleurs que sa prochaine arrivée chez Drag City en 2006 lui donnera plus d'exposition... comme ce fut le cas pour un certain Ben Chasny cette année.

Tête d'affiche de la soirée, Charalambides investissait donc la scène du Point Ephémère en dernière position. En cette année où Kranky a réédité leur tout premier album (Our Bed Is Green), le groupe est aussi revenu à son line-up originel, au simple duo constitué par Tom & Christina Carter (rappelons que Heather Leigh Murray s'est dernièrement éloignée de la formation depuis son départ Ecosse où, en compagnie de David Keenan, elle s'investit désormais dans Taurpis Tula, ses disques solo, ainsi que dans le mail-order Volcanic Tongue).

Ce soir, Charalambides a opté pour une setlist assez voisine de son plus récent CD-R, Live/Dead Vol. 1, qui documentait une tournée sur la côte ouest des Etats-Unis en 2004. On pouvait ainsi retrouver un Here not Here (Joy Shapes) où la pureté de la voix de Christina Carter croisait les notes ciselées au bottleneck de Tom Carter, ou encore un Namaste (Market Square) sur lequel les deux guitares accumulaient les motifs répétitifs et hypnotiques. Lorsque la voix de Christina Carter ondulait sur les larsens soyeux déposés par Tom Carter, on atteignait alors la quintessence de la musique de Charalambides, née d'un blues squelettique et sublimée ici par une présence scénique assez saisissante. En un peu plus d'une heure, le duo aura laissé une empreinte indélébile, celle d'un groupe unique en son genre. De quoi nous faire patienter jusqu'à leurs prochaines aventures... un nouvel album est attendu l'an prochain, une fois de plus chez Kranky.

Chronique co-écrite avec Arnaud G.

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Christina Carter (Charalambides - photo : Laurent Orseau)

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