Okkervil River

+ H-Burns

Paris, La Guinguette Pirate - 29.09.2005

» Compte Rendu

le 03.10.2005 à 06:00 · par Ana C.

H. Burns et Okkervil River; folk et indie-rock (quelqu’un peut expliquer ce que cela veut dire en 2005 ?): sous cette forme était présenté le concert qui avait lieu à la Guinguette la plus rock des quais parisiens.

Il appartenait donc, à H. Burns de démarrer la soirée. Et il l’a très bien fait. Tellement, que les doutes qui auraient pu demeurer sur la qualité de cet artiste quasi inconnu pour l’ouverture d'Okkervil River se sont dissipées sitôt le début de son concert. Derrière H. Burns ne se cache aucun américain à barbe mal rasée et casquette mais un jeune homme provenant de Valence capable d’offrir des moments d’intimité et d'intensité dignes de Smog, Jason Molina, ou encore Micah P. Hinson.

Il démontre donc qu’il n’y a aucune relation directe entre le fait de composer assis sur une balançoire au milieu des champs de maïs perdus au fin fond de l'Amérique et la production du meilleur folk ! Écrivain doué (attention aux paroles, la beauté de ses textes mérite une écoute attentive) et interprète dévoué, ses titres, défendus juste grâce à une guitare électro-acoustique et à sa diction imposante, nous ont enveloppés et convaincus. Dans un état d’introspection presque sacrée, état dans lequel seulement les meilleurs arrivent à nous transporter, le public n’a pu s’empêcher de tendre l’oreille aux histoires de ce conteur. Farewell Transmission, cadeau transmis des mains de Jason Molina période Songs:Ohia, fut jouée d'une sublime manière et en complète cohérence avec le répertoire d'H. Burns, que l'on retrouvera en hiver pour un disque devenu très attendu chez Noisedigger…Nous l'attendons avec hâte.

Et ce sont donc les texans d’Okkervil River qui se sont trouvés, le show d'H. Burns fini, confrontés à une barre très haute. Heureusement, il s’en sont sortis remarquablement en nous offrant un concert énergique et puissant, et l’enchaînement des titres comme le jeu des membres ont réussi à garder l'intensité au sommet. Excitante et amusante (pour eux comme pour l'auditoire), leur musique a pris possession de la salle dès le début, a touché l’audience et l’a faite vibrer. Musique toute à la fois indie et rock, folk et country, americana et pop, les musiciens d'Okkervil River peuvent l’affirmer avec fierté, ils ont un son.

Cette cohérence qui leur permet de toucher ces styles aussi variés tout en restant uniques leur vient d'une instrumentation diversifiée, capable de transformer les morceaux au format rock classique en vrais bijoux: trompette, claviers, mandoline, harmonica... Et écoutez le résultat !

Si sur album on pourrait leur reprocher une certaine irrégularité, sur scène il n’y a strictement rien à dire. Fans de Red House Painters et de Drunk, fous de Sixteen Horsepower, supporters de Crooked Fingers et de Bright Eyes, mais aussi des Libertines ou des Strokes (oui, oui, écoutez moi le tube Black et on en parle après), tous trouveront quelque chose chez Okkervil River qui les fera vibrer. Peu importe donc si l’on est plus sensible aux guitares saturées, aux morceaux acoustiques qui parlent de ruptures amoureuses ou aux riffs de mandoline les plus roots; quand on apprécie la musique honnête on ne peut pas rester indifférent aux charmes du groupe.

Black nous a préparé en douceur pour ce qui approchait, un For Real du feu de Dieu, après que Red ait littéralement emporté le public pour ne lâcher qu’à la fin. Soit une setlist balayant les titres de Don't Fall In Love With Everyone You See, de Down the River of Golden Dreams (Main Island Lovers, entre autres) et du récent Black Sheep Boy pour finir en rappel avec The War Criminal Rises and Speaks et surtout Okkervil River Song et son chant a cappella par tous les membres a mis le point final à une soirée mémorable, qui ressemble furieusement au concert de l'année.

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Photo d'Okkervil River par Laurent Orseau

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