Arcade Fire

Nantes, L'Olympic - 22.08.2005

» Compte Rendu

le 21.09.2005 à 00:00 · par Eric F.

Après avoir visionné bien des vidéos de prestations live d'Arcade Fire, le doute n'était plus permis : ces canadiens sont diablement efficaces et passionnants sur scène ! Alors bien sûr, depuis, une seule envie se faisait ressentir : enfin voir Arcade Fire pour de vrai ! Et c'est en pleine période estivale que l'Olympic nous offre ce cadeau. La salle nantaise n'ouvre d'ailleurs pas sa saison aussi tôt d'habitude, ce qui montre bien le caractère exceptionnel de cette visite. Bien sûr, la billetterie affiche complet, tout comme les autres pourvoyeurs de places, pillés depuis déjà bien longtemps. Ceux qui auront acheté des places en rab' et les auront revendu à cinquante euros pièce auront réussi un coup douteux, mais fumant. Au regard dépité de pauvres gens tenant une pancarte "cherche place", on comprend qu'Arcade Fire a beau être un groupe précieux, il fait pourtant mentir l'adage "Quand on aime on ne compte pas".

Bien loin de ces considérations, les sept membres du groupe vont et viennent aux alentours de l'Olympic presque comme des anonymes. Il apparaît assez vite que ces gens là ne semblent pas avoir vu leur chevilles enfler après l'immense succès de Funeral.

La foule à l'entrée est devenue fort conséquente, on comprend vite ce que "complet" veut dire ! Des notes de violon nous parviennent une fois arrivés dans la salle, mais pas de panique il ne s'agit que de Final Fantasy, le projet solitaire d'Owen Pallett. Son set est assez court, le bonhomme a l'air décontracté (il prend bien son temps pour raconter sa vie entre les morceaux) mais sa musique n'est pas vraiment accrocheuse. A vrai dire, on s'occupe plutôt de savoir comment on va bien pouvoir faire pour quitter le fond de la salle et s'approcher pour ne pas louper une miette du phénomène. Après un dernier titre assez désagréable, Final Fantasy quitte la scène... pour revenir quelques instants plus tard, accompagné par le reste de la bande. Pendant ce temps, nous nous retrouvons aux premières loges. Tous les membres du groupe sont habillés avec classe, mention spéciale à Régine Chassagne avec ses collants et ses mitaines roses du plus bel effet. Le groupe semble bidouiller ses instruments pour mieux nous surprendre en introduisant Neighboorhood#1 (Tunnels). L'ovation est immédiate, le public semble déjà conquis. Les notes de la Telecaster Custom noire de Win Butler résonnent formidablement bien et on sait de suite qu'on est parti pour un grand concert. La foule semble apprécier chaque seconde et va même jusqu'à rentrer en osmose avec le groupe. On avait rarement vu une telle attitude depuis la prestation impeccable des White Stripes il y a déjà trois ans...

Si Arcade Fire peut sérieusement concurrencer le duo de Detroit pour le titre de meilleur groupe live du monde, c'est en grande partie grâce à son énergie, énergie qu'aucun ne semble économiser. On n'aura d'ailleurs pas fini de rire des facéties de Richard Parry le géant roux et de son pote Will Butler qui s'acharnent la plupart du temps à frapper de leurs baguettes à peu près tout ce qui se trouve à leur portée. Du côté droit de la scène, c'est beaucoup plus calme entre Owen Pallett et la mignonne Sarah Neufeld mais leur concentration est belle à voir et bien intense à la fois. Win Butler, quant à lui, semble entièrement absorbé par les chansons qu'il interprète, sa voix en gagnant encore plus de puissance, bien servie il est vrai par une sonorisation parfaite. Il va sans dire que les nantais (et les autres) présents à la Route du Rock (et ils furent nombreux à en juger par tous les t-shirts estampillés RDR) ont du apprécier le changement !

Comme d'habitude, tout le monde s'échange ses instruments, ce qui nous vaut même une hilarante scène en plein milieu d'un titre lorsque Richard Parry tombe en pleine course vers l'accordéon ! Le pauvre aura vraiment eu droit à la totale puisqu'il dû aussi subir les pitreries de Will Butler couvrant sa tête d'une serviette avant de la recouvrir d'un tambour qu'il se mit à matraquer furieusement : bonjour l'état du conduit auditif !

Si certains font les marioles, la prestation n'en subit aucun contre-coup, il suffit pour s'en convaincre d'écouter le groupe chanter à l'unisson sur un morceau comme Haïti, parfait symbole d'une unité jamais démentie.

Après avoir livré quelques titres de son premier EP, dont un Vampire Forest Fire joué à la demande d'un fan, le groupe offre une triplette redoutable en guise de conclusion : Une Année sans Lumière prend encore plus de relief dans sa version scénique et ajoute même une petite note d'espoir aux paroles pourtant sombres. Puis viennent les explosifs Neighborhood#3 (Power Out) et Rebelion (Lies) frénétiquement exécutés sans temps d'arrêt. Le public est proche de la transe et l'ambiance qui en résulte est tout bonnement prompte à filer la chair de poule !

Après quelques salutations, Arcade fire quitte la scène. Bien sûr, personne n'a envie d'en rester là. Pas même le groupe, qui semble ravi de pouvoir jouer dans une salle de dimension humaine en pleine période de méga festivals. Win Butler est fort satisfait que seule la moitié de la salle soit nantaise.

Wake Up avec son coda pompé à Lust for Life et une magnifique version d'In the Backseat superbement menée par Régine Chassagne et sa voix angélique feront office de conclusion idéale à un concert qui ne le fût pas moins. Très humblement, les membres du groupe quittent la scène un à un... par le public ! Et qu'importe si la formation canadienne doit partir dans la foulée pour Paris où elle passera quelques jours de repos bien mérités avant le festival Rock en Seine, on les retrouve dans le petit bar juste à côté de l'Olympic. Il faut croire que le public ne fut pas le seul à vouloir que la soirée ne s'arrête pas...

  • Setlist :
  1. Neighborhood#1 (Tunnels)
  2. Crown Of Love
  3. Neighborhood#2 (Laika)
  4. No Cars Go
  5. My Heart Is An Apple
  6. Haïti
  7. Vampire Forest Fire
  8. Une Année Sans Lumière
  9. Neighborhood#3 (Power Out)
  10. Rebelion (Lies)
  11. Wake Up
  12. In The Backseat

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