Smog

Alixan, Le Manège - 28.06.2005

» Compte Rendu

le 05.07.2005 à 06:00 · par Antoine D.

Pour honorer la sortie de son nouvel album (A River Ain't Too Much to Love), Smog était de passage en France à la fin du mois de juin, le temps de deux dates, l'une à Paris, l'autre près de Valence, au Manège d'Alixan. Sur cette série de concerts, Bill Callahan s'était entouré de la bassiste Colleen Burke (We Ragazzi) du guitariste Jason Dezember (il est aussi batteur à ses heures) et de l'incontournable Jim White à la batterie. Déjà remarqué pour ses prestations dans les rangs de Dirty Three ou pour ses participations (chez Nina Nastasia, par exemple), White aura livré une nouvelle performance de haute volée: sobre et complet, son style met en relief sa faculté à renouveler ses séquences en permanence, sa volonté de toujours trouver l'accompagnement le plus approprié, le plus juste. Les roulements, les caresses des balais, sa gestion de l'espace (avec parfois des bras très éloignées de la batterie, pour mieux la fouetter), les chocs sur le bord des fûts... tout l'arsenal du batteur australien est de sortie, pour un jeu incroyablement nuancé. Il y a parallèlement chez lui une fibre instinctive qui préserve une approche très roots, avec une dose d'imprécisions, de jeu brut et effacé qui colle finalement très bien à l'univers de Smog. Sauf quand il scrute les lignes de basse de sa partenaire, le regard de Jim White est souvent plongé dans le vide et tout semble ainsi se dérouler à l'aveugle, qu'il joue en retenue ou qu'il développe l'une de ces envolées dont il a le secret.

Aux côtés d'une telle personnalité, Colleen Burke ne peut que se contenter du minimum syndical... un contraste tout aussi présent aux avant-postes de la scène où Jason Dezember se retrouve régulièrement éclipsé par un Bill Callahan qui brille de son charisme naturel. Il ne lui en faut en effet pas beaucoup pour focaliser toute l'attention, lui qui, en l'espace de quelques mots prononcés de sa voix grave au ton monocorde ou de quelques notes de guitare, est capable de vous faire passer du chaleureux au glacial en une seconde (ce qui n'est pas un mince exploit au regard de la température ambiante) et qui démontre à quel point il sait apprivoiser l'ombre et la lumière... ainsi que les pas de danse les plus improbables. La setlist, quant à elle, réserve un gros tiers de la place à A River Ain't Too Much to Love (Say Valley Maker en ouverture, I Feel Like the Mother of the World, In the Pines, un Rock Bottom Riser qui gagne déjà son statut de grand classique smogien...) et parcourt la discographie relativement récente de Smog (Supper, Dongs of Sevotion, Knock Knock) avec une clôture sur Our Anniversary et Dress Sexy at my Funeral. Concert solide et très homogène, avec deux étoiles (Callahan & White) qui transpercent aisément le ciel embrumé de Smog.

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Bill Callahan (photo: Joanna Newsom)

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