Girls in Hawaii

+ Exsonvaldes

+ Ghinzu

+ Shannon Wright

Reims, Entrepôt - 22.10.2004

» Compte Rendu

le 17.11.2004 à 06:00 · par Ana C.

C’est dans le cadre du Festival Magnitudes, qui se déroulait tout au long du mois d’octobre dans les différents départements de la région Champagne-Ardenne, que cette soirée avait lieu. Rassemblés sur une même affiche, la présence d'Exsonvaldes, Shannon Wright, Ghinzu et Girls in Hawaii avait motivé le pèlerinage vers ces terres où, comme on a pu le constater, il y a bien plus que des vignes.

Paumés dans la zone industrielle rémoise, après avoir interrogé les passants et après de vains aller-retour, on arrive enfin à l'Entrepôt, sorte de hangar qui accueillait de façon provisoire les bureaux de l’association culturelle responsable de l’événement (La Cartonnerie) aménagée de façon très réussie en salle de concert à l’occasion du festival.

Juste le temps de prendre les jetons pour les bières et de courir à l’appel des premiers accords de Hinterland (nous sommes malheureusement arrivés trop tard pour voir Exsonvaldes), puisque Mlle Wright commençait son show. Impressionnant. Accompagnée d'un batteur –on lui préfère cette formule plutôt qu’en solo– avec la rage qui la caractérise et une qualité du son remarquable, elle a littéralement coupé le souffle de son auditoire. Grosse claque durant cette performance courte –40 minutes– mais finalement très intense. Impeccable du début à la fin, Shannon Wright a épaté un public dont la réponse aura été très positive, suscitant la surprise et l'admiration chez ceux qui la découvraient. Shannon, manifestement à l’aise, s’est agrandie sur scène pour devenir immense (et nous faire sentir minuscules). Et c’est dans cette façon de tout donner, dans son chant torturé joint à sa danse sensuelle et aux secousses de sa guitare, qu'elle impose une ambiance très tendue; dans ces moments là, on en a presque du mal à avaler sa salive et on arrive à peine à marmonner un "wow".

Sans qu'aucun des instruments ne soient mis plus en relief que l’autre, la batterie, la guitare et la voix, puissantes et sûres, ont interprété presque tous les morceaux de Over the Sun et quelques bijoux tirés de Dyed in the Wool. Avec une mention spéciale à la batterie: sèche, dure et carrée, elle incarne la transposition de la production d'Albini sur scène et l'on retrouve ainsi tout l'esprit du studio. Ou, dira-t-on plutôt, Albini a été capable de traduire ce qui se dégage d'une performance de Shannon Wright sur un format album. Une fois assise au clavier, la rage s’est transformée en douceur, tout en conservant l'aspect intimiste et la même intensité. Des morceaux tels que Avalanche ou Vessel for a Minor Malady n’ont pas perdu cette fois –comme lors de certains autres concerts– une once de leur dureté. De retour à la guitare, quelques morceaux et surtout un incroyable With closed eyes ont marqué la fin de ce concert mémorable. Excellent. Vraiment.

C’est après un long changement de plateau (plus d’une demie-heure) que l’on s’est retrouvés prêts à faire face à Ghinzu. Nouvelle découverte dont on aurait honnêtement pu se passer! S'ils n’apportent rien de bien nouveau, il faut au moins leur reconnaître un côté amusant. L'entrée sur la scène au rythme de Stars Wars sous un éclairage assez kitsch rappelant un karaoké des années quatre-vingt –ce qui n’est pas le top de l’originalité, d’accord– valait le détour. Beaux gosses fringués en costards et en tennis –très tendance, eux– on ne savait pas trop s'il fallait en rire ou se joindre à l’enthousiasme du public qui, dévoué, les a reçus comme des stars. Tout faisait penser un peu au rock de stade, avec une pose qui, à trop se vouloir insolente virait plutôt dans le ringard. Mais il faut cependant admettre qu'ils parviennent à faire bouger le public comme on ne l'avait rarement vu ces derniers temps. Un peu long, mais sympathique quand même.

La prestation de Girls in Hawaii, sans être novatrice, est efficace et rondement menée. Les Grandaddy belges nous bercent, nous font rêver et nous transportent vers des paysages maritimes aux températures douces, tout en s’aidant de projections californiennes (ou hawaïennes, peu importe, vagues et mouettes sont au programme). Confrontés au même concert qu’il y a quatre jours à la Maroquinerie (et on pourrait étendre cette observation à l'ensemble de leurs performances), il ne restait plus qu’à s’amuser au jeu des sept différences entre ces deux concerts. Sans y parvenir… Il est toujours assez étonnant d’observer des groupes qui parviennent à reproduire ses prestations scéniques avec un mimétisme presque industriel. Entre le guitariste qui saute toujours à l’instant précis où le bassiste se met par terre, et le chanteur qui prend son air douloureux exactement quand le batteur craque ses baguettes, etc … Oui, c’était beau, mais ce concert fit ressurgir des souvenirs de sinistre mémoire: ceux, où lorsque que l'on redouble une classe, le professeur nous gratifie des mêmes blagues aux mêmes moments. Difficile dans ce cas de s’empêcher d’exprimer un mélange de déception et de peine pour eux, cela doit être aussi ennuyeux pour nous que pour eux ! Néanmoins, le public en aura bien profité et la dernière date des "filles" en France s’est très bien finie.

En définitive, soirée sympa qui laisse présager de bons instants arrosés de champagne grâce au travail et dévouement des gens de La Cartonnerie et du public local.

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Photo Concert Girls in Hawaii + Exsonvaldes + ..., Reims, Entrepôt, le 22.10.2004

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