Grandaddy

+ Travis

+ Manitoba

+ Ms. John Soda

+ Playdoh

St Malo, Fort St Père - 17.08.2003

» Compte Rendu

le 20.08.2003 à 00:00 · par Eric F.

Se faire réveiller par une balance de Grandaddy, ça n'arrive pas tous les jours ! C'est pourquoi le traditionnel lavage/décuvage du matin est remis à plus tard. Inspiration plutôt bienvenue puisqu'elle permet de faire partie de la vingtaine de chanceux qui assisteront à une version du trop rare Our Dying Brains et d'un Laughing Stock parfaits.

Et après une interview matinale avec les sympathiques Cyann & Ben, plutôt excités à l'idée de voir leurs idoles de Grandaddy, je rencontre fortuitement Aaron, le batteur de ladite formation en quête des fameux bouquetins de la forêt avoisinante afin de leur remettre quelques morceaux de pain. Cette rencontre et le soleil enfin aux abonnés présents laissent présager d'un gros mieux. Et malgré l'annulation de Calla due à la coupure de courant taille XXL survenue aux Etats Unis leur empêchant d'attraper leur avion et de se faire interviewer par moi-meme, l'enthousiasme est intact au début de cette dernière journée de festivités. Et Playdoh me fait une bien belle impression même si beaucoup ont un avis mitigé, en partie du à l'attitude assez énigmatique du chanteur, genre "je bouge un peu comme un désarticulé et je parle tout seul entre les morceaux". Le set est tout de même réussi, l'éléctro quasiment absente à l'inverse de leur nouvel album, Fragments. Les guitares se font tour à tour rêveuses et incisives, sans ordre ni enchaînement particulier. A noter l'excellente performance du bassiste sur une guitare noisy en fin de set.

Un bon début donc avant la révélation de ce festival, première vraie claque de ces trois jours, avec les allemands de Ms John soda. Les habitués de la Route Du Rock ou les simples fans de Notwist reconnaissent le sympathique bassiste Micha Archer et non pas son frère comme l'indique le programme. Mené par une chanteuse au look et à l'allure timides, bien loin des tenues provocantes et pseudo rock'n roll de Karen O, Ms John Soda commence paisiblement par une ballade exécutée par deux claviers, la basse énorme d'Archer et une batterie discrète. Rien ne prédispose donc à la suite qui en surprend plus d'un : pas de guitares, puisque du clavier la belle chanteuse allemande passe sur une Rickenbaker quatre cordes portant ainsi le nombres de basses à deux. Mais oh surprise, dès les premières notes, on croirait presque entendre une six cordes tant les accords sont limpides et accrocheurs. La rythmique s'énerve quelque peu et on est en route vers un grand moment de rock'n roll ! Archer, fidèle à son jeu de scène, se contorsionne comme un fou sur sa basse, tandis que le clavier sort des notes qui n'auraient pas parues incongrues sur une guitare électrique saturée. Avec son petit coté "Sonic Youth meets The Cure in a poppy style", Ms John Soda se met sans problèmes l'audience dans sa poche, même les éméchés qui déclarent apprécier encore plus les morceaux quand ils savent les jouer à la guitare (sic). L'intérêt de la foule ne se démentira pas lors des autres petites comptines intimistes du groupe, ce qui est un sacré signe d'approbation dans ce festival.

Un formidable moyen de ne pas trouver le temps trop long avant la venue des Grandaddy dont le rôle de "sauveurs du festival" prend donc une importance moins considérable. Les cinq de Modesto sont apparemment ravis d'être présents après deux saisons d'annulation, particulièrement Jim Fairchild, excité comme une puce, n'hésitant pas à haranguer un public pourtant déjà bien motivé. Les premières notes sont lâchées, on reconnaît à grand peine le début d'Hewlett's Daughter et on se dit que rien ne pourra venir ternir cette prestation, d'autant plus que les problèmes techniques de son semblent avoir pris quelques vacances bien méritées... Jason Lyttle parle peu, trop occupé à mixer oralement ses gorgées de whisky et de coca, le groupe en profitant pour passer quelques bandes musicales incongrues entre les morceaux. Entre la joie communicative de Fairchild et du jovial bassiste Garcia (assurant de superbes choeurs sur la plupart des titres) et l'écran vidéo, on ne sait plus trop ou donner de la tête. Il faut signaler que ces vidéos collent merveilleusement à l'esprit du groupe, peuplées d'animaux mimis tout plein et de situations plus cocasses les unes que les autres (mention spéciale au petit chaton, solitaire qui part vers la lune, qui en a ému plus d'un). On regrettera juste que le premier album soit si peu représenté avec seulement un déchaîné A.M. 180 et Laughing Stock, toujours aussi bon que sa version matinale. Le nouvel album est plutôt bien représenté, la guitare acoustique de Fairchild calmant les débordements de Lyttle qui s'amuse à jouer au guitar hero à genou. Malheureusement, pas de rappel pour le groupe le plus sympa de ce festival, malgré une demande incessante du public pour un Summer Here Kids, voir d'un Taster de derrière les fagots.

Evidemment, changement d'ambiance pour Travis qui décide de débuter son set par "l'immense" Sing (souci de passer à autre chose rapidement ou tentative de se mettre les réfractaires dans la poche ?). Et il faut dire que ce concert est plutôt plaisant... A condition d'être un grand ado fan de musique facile ! On ne peut en effet pas dire que le groupe prenne énormément de risques, tant les morceaux s'enchaînent les uns aux autres en se ressemblant un peu tous. Les nouveaux titres semblent déjà faire partie du répertoire du groupe depuis des lustres et on ne goûte que moyennement les discours anti-guerre légèrement démagos de Fran Healey, qui laissons lui au moins ce crédit, a l'air de croire immensément en ce qu'il fait. Le bonhomme atteindra tout de même des sommets de ridicule en se déclarant "fed up with playing pop" laissant ainsi place à des violons classiques menant droit à l'intro d'un de leurs "tubes" Why Does It always Rain O Me ? Heureusement, cette piètre prestation ne nous amène pas la pluie.

Le suppositoire passé, Buck 65 fait son retour et à la manière d'un Badly Drawn Boy quelques années plus tôt au même endroit joue live pendant que les roadies changent le matériel. Cette prestation "vue" d'assez loin me fait regretter de ne pas y avoir prêté beaucoup plus d'attention tant la voix du rappeur canadien rappelle celle de Tom Waits, tandis que la partie instrumentale n'est pas déplaisante. Autre bénéficiaire de l'abandon de Calla, Manitoba, qui n'était initialement prévu qu'au palais du Grand Large surprend tout le monde avec un set rock'n'roll lancé au lance flamme. Les facétieux canadiens affublés de masques animaliers nous rappelleraient presque les vidéos de Grand "30 millions d'amis" Daddy. La fin du festival se fera après un long set des DJs résidents du festival qui aura sûrement fait danser une bonne partie du bar v.i.p. parmi laquelle on ne manquera pas de saluer certains "journalistes" parisiens plus occupés à se biturer qu'à tenter de rentrer dans les concerts. Ca peut paraître facile de ne pas donner de noms, mais je vous promets que c'est facilement repérable sur les comptes rendus de certains sites web...

C'est donc soulagé que l'on quittera le fort St Père tout en espérant qu'il ne s'agissait pas d'une dernière à St Malo (la mairie auyant décidé de se désengager du soutien financier du festival) ni d'une dernière tout court.

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