Death in Vegas

+ Audio Bullys

+ Broken Social Scene

+ Cyann and Ben

+ Hoggboy

+ M83

St Malo, Fort St Père - 15.08.2003

» Compte Rendu

le 20.08.2003 à 12:00 · par Eric F.

C'est sous un ciel mi-figue mi-raisin que j'arrive sur le fort St Père. Petite consolation, le temps est tout de même beaucoup plus clément que l'an dernier. Reste à savoir si l'affiche de cette édition 2003 saura plus passionner le public que la décevante programmation 2002. Dès l'arrivée, on constate que les difficultés financières du festival sont loin d'être fantasmées : beaucoup de stands ont disparu du paysage (le stand de prévention sur les drogues, le stand OCB, etc...). Très difficile d'ailleurs de se procurer des boules Quiès, à moins d'être de sexe féminin et d'être gentil avec le personnel des bars (on devait les distribuer au compte-gouttes...). Le rituel plantage de tente terminé au beau milieu d'un campement "hyper hype" regroupant entre autres le capitaine du cargo (http://www.lecargo.org), et les webmasters des sites http://www.hermandune.com et de http://www.fonie.com.

Entrés dans l'enceinte même du festival, on se dit que cette nouvelle édition démarre plutôt bien : les djs passent un magnifique morceau de Will Oldham avant que Cyann & Ben n'entre sur scène. Nouvelle constatation de la baisse des moyens du festival : le mur d'enceintes est extrêmement réduit, ce qui, à quelques exceptions près gâchera les concerts, la basse étant bien trop présente dans le mix, ce au détriment des guitares et de la voix. On sent les quatre Cyann & Ben assez mal à l'aise d'ouvrir le festival, le groupe étant plus habitué à donner des concerts dans des salles de petite taille. Le courant passe quand même bien et la foule encore éparse se délecte des pièces folko-planantes du groupe ardennais. Après un début de concert assez incisif, les guitares s'effacent plus au profit des claviers, l'ambiance est douce et propice à la rêverie. On sent un réel potentiel chez ce jeune groupe qui ne manquera sûrement pas de confirmer. Le dernier titre repart sur des bases beaucoup plus électriques dans un esprit proche de Godspeed You! Black Emperor. Godspeed, c'est justement le groupe que les DJs passent une fois le concert terminé et avec un Monheim dans les enceintes, on se dit que si ça continue comme ça, on risque de passer un fort agréable week-end. Hélas, trois fois hélas, le bon départ se brise net, les canadiens de Broken Social Scene, à peine montés sur scène annoncent l'arrivée du soleil. Juste une petite incursion en fait et les mauvaises langues n'ont pas manqué de faire un rapprochement entre l'assombrissement du ciel et la performance du quintette. Mélanger la pop et le post rock n'est certes pas une tache aisée et il semble clair que le groupe n'y arrive aucunement ce soir. Pour les fans, la sono est a mettre en cause, le mix assez déplorable ne rendant aucunement justice aux morceaux à rallonge qui ont tout de même eu raison de la patience de pas mal de gens dans le public. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les Broken Social Scene prennent leur pied sur scène, leur joie étant manifeste tout en étant quelquefois assez risible de par l'attitude des guitaristes rivalisant de poses largement has been. On croirait même certains membres sortis tout droit du Split de Lynyrd Skynyrd.

Cependant, ce concert semblera phénoménal en comparaison de l'indigeste performance des anglais d'Hoggboy. On en arriverait presque à se demander comment ces jeunots ont pu avoir accès à la scène. Même si le son est une nouvelle fois au désavantage du groupe, on ne peut pas considérer que des beuglements et trois pauvres accords distordus puissent faire des chansons valables. Bien sur, beaucoup de groupes ont cette marque de fabrique, mais ici, ça ne passe pas. Le calvaire se poursuit avec le duo antibois de M83 épaulé par un groupe, contrairement à leur précédente prestation malouine deux années auparavant. Et pour la deuxième fois, le concert me parait insipide, quelques guitares se réclamant de My Bloody Valentine balancés sur des beep dignes d'un Atari ne font pas des chansons valables. Un sentiment de déception s'installe et on croise les doigts pour que Death In Vegas remonte le niveau de cette première journée. La mission n'est qu'a demi accomplie puisque les grands morceaux du groupe sont au rendez vous, mais on est bien loin de la folie de leur passage en 2000. Le son est un peu bouillabaisse, ce qui se fait cruellement ressentir sur des titres tels que Scorpio Rising, la boucle instrumentale plus fade qu'autre chose sur laquelle les bribes de samples de la voix de Liam Gallagher ne réussissent pas à sauver, de même que Dirge qui peine à décoller, alors que la version 2000 fut une vraie claque de guitares surpuissantes à rendre jaloux plus d'un groupe rock "normal". Un petit regard aux platines et on s'aperçoit que Tim Holmes n'accompagne plus Richard Fearless : nouveau changement de personnel à prévoir ?

Quelque peu dépité par la qualité des concerts, l'impasse sera faite sur Audio Bullys et sur le son qui parvenait jusqu'au camping, cette décision ne donna lieu à aucun regret.

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