The Rapture

+ Colder

Toulouse, Place de la daurade - 04.10.2003

» Compte Rendu

le 10.10.2003 à 12:00 · par David P.

Comme chaque année, dans le cadre du printemps de septembre, une soirée est confiée a la radio "le mouv". Apres Gonzales, DJ Mehdi, et I:Cube, ce sera donc Colder et The Rapture qui assurèrent les "festivités" cette année. Les guillemets sont malheureusement importants. Mais voyons déjà les points positifs. Le lieu tout d'abord, toujours la place de la daurade, petite place au bord de la Garonne qui en plus de conférer un charme supplémentaire purement esthétique fait aussi des merveilles pour la qualité du son. En plus, les concerts en plein air, forcement, ça attire du monde surtout lorsqu'il y a une tête d'affiche comme les Rapture qui passent en boucle sur Le Mouv'', radio d'origine Toulousaine. Du coup, ambiance sympa et festive. Il y a même des stars, Michel Cloup à la buvette, Arnaud Michniak à côté de la sono, Humphrey Maurice de Shut The Fuck Up Maurice de l'autre côté...

Et Colder débute. Bon. Au moins, c'est un groupe qui fait plaisir aux photographes. Pas de risque que l'image devienne floue même avec des temps d'expositions très longs, chez Colder, c'est limite si les bras ne bougent même pas pour jouer. C'est sans doute mieux que des déhanchés ridicules, mais ça rend l'ambiance tout de suite moins festive (la festivité, soyons honnête, n'étant surement pas le but recherché par le groupe non plus). Encore plus quand on écoute la musique. Du sous Joy Division, l'énergie en moins, la classe des lignes de basse de Peter Hook en moins, le charisme de Ian Curtis en moins. En moins varié aussi. Ce n'était pas mauvais, loin de là. Juste moyen et transparent. A réserver vraiment pour les amateurs du genre pas très regardant car ce sont malgré tout de bons musiciens. Mais ça manque terriblement de personnalité. Le son très electro de l'album (Again chez Output) disparaissant presque totalement, le groupe étant sur scène dans une formation très classique guitare-basse-batterie-clavier.

Puis arrive celui pas attendu du tout par tous, le roadies des raptures qui installe le matériel. Profitons en pour les présenter. Ce sont les Cosette du revival post-punk si l'on en croit les inrocks. Il faut comprendre, eux c'est différent. Oui c'est un groupe en "The", oui ils sont à mort dans le revival. Mais eux, eux, ils ont la légitimité d'avoir près de 10 ans de carrière. Et oui mon bon monsieur, 10 ans de galère avant de sortir leur premier album. La classe. Victor Hugo écrit déjà leur histoire. Ken Loach rachète les droits alors que le livre n'est même pas fini. Faut dire, la fabuleuse aventure d'un groupe qui galère 10 ans avant de finir à leur place (sur Fun Radio et au Mouv entre Manu Chao et Linkin Park), c'est émouvant. Il faut se cotiser, c'est une évidence. Lançons donc rapidement une collecte "des calculettes pour des journalistes". Un groupe créé en 1998 aura 10 ans de carrière en 2008. Heureusement, ils n'attendent pas 5 ans pour monter sur scènes et ce sera donc un set en demi teinte qui sera livré. Les quelques morceaux avec une basse bien dansante font un malheur, difficile de ne pas avoir envie de sautiller partout, le groupe se donne vraiment et le public est alors totalement acquis.

Malheureusement, tous les morceaux ne sont pas de cette qualité. Dès que le tempo devient lent, dès que la basse bouge moins, le public se met en phase d'attente. Parce que tout le monde ne connaît que House of Jealous Lovers et que le public veut brûler des calories sur ce genre de morceau. Parce que la production des DFA fait beaucoup dans l'intérêt de l'album (et dans sa côte démesurée diront les mauvaises langues). Et tout simplement parce que les autres morceaux sont chiants, avec un côté inachevé tellement le songwriting est minimaliste (s'il y en a un). Ça devient danse ou crève. Ils garderont d'ailleurs House of Jealous Lovers pour le rappel. Logique, cette chanson devient imparable sur scène, la jouer avant rendrait tout titre lui succédant fade. Et vu qu'une bonne partie le sont déjà à la base... Il y avait du bon, mais The Rapture ne convainc pas totalement et parait de plus en plus être le groupe d'un seul tube.

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