The National

+ Tara King TH

Grenoble, Le Ciel - 28.05.2004

» Compte Rendu

le 30.05.2004 à 18:00 · par Antoine D.

Pour honorer la sortie de son nouvel EP (Cherry EP), The national effectuait une série de concerts en Europe durant les mois de mai et juin. Cette tournée amenait donc le quintet (new-yorkais d'adoption) à poser ses bagages à Grenoble, dans une salle du Ciel assez clairsemée… plutôt étonnant pour un groupe ayant bénéficié l'an dernier d'un large engouement de la part des Bernard Lenoir, Libération et autres Inrocks.

On passera assez rapidement sur la première partie assurée par Tara King TH, trio mêlant électronique, batterie, claviers, chant et samples de voix (d'ailleurs probablement tirés de Chapeau melon & bottes de cuir). Rapidement, car Tara King TH, bien que loin d'être un groupe désagréable, propose une electro pop assez peu originale, où la voix, fragile, laisse parfois un arrière goût de surjoué et où les claviers s'enferment régulièrement dans des passages assez longuets. Dommage, car la formation sait parfois faire preuve de belles envolées, notamment grâce au jeu classieux du batteur. Malheureusement trop peu souvent mis en avant, les quelques points positifs ne suffisent pas pour pouvoir garder de ce set un souvenir bien mémorable.

Déjà présents vers 20h30 à l'entrée de la salle pour accueillir le public, les cinq du National investissent la scène peu après la première partie, Matt Berninger prenant place devant le micro au centre, encadré de près par les frères Devendorf (Bryan à la batterie, Scott à la guitare) et les frères Dessner (Aaron à la basse et Bryce à la guitare), pour un set qui ne cessera de surprendre. Tout d'abord par la personnalité du chanteur, particulièrement doué pour passer allègrement de phases apaisées à des passages enragés qui iront jusqu'à révolter le champion d'air-guitar de la soirée, situé au premier rang. Le reste de la formation livre une prestation de haut vol, notamment grâce aux impressionnants B.Devendorf (batterie) et B.Dessner (guitare), qui dégagent une puissance rare d'un bout à l'autre du set. Au fil du concert, la basse gagnera progressivement en intensité, conférant un dynamisme supplémentaire là où les albums en manquent parfois quelque peu. Durant plus d'1h30, The national fait preuve d'une complémentarité musicale absolue, une osmose assez bien imagée d'ailleurs par leur comportement sur scène : Berninger, régulièrement sur la pointe des pieds, au dessus de son micro, déambule de gauche à droite, d'avant en arrière, la plupart du temps en gardant les yeux clos, tandis que ses partenaires l'évitent instinctivement, écartent leurs guitares sans jamais le regarder, comme pour mieux lui frayer le chemin. Un set saisissant, enthousiasmant, et au regard de l'énergie déployée par Bryce Dessner, on se dit qu'une première partie en compagnie de Clogs (son autre groupe, dans un style radicalement différent) aurait été la bienvenue !

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