Angil

+ Dotsy Dot

+ Old Mountain Station

Paris, Espace B - 07.09.2013

L'amour et la violence et les putains de morceaux cachés...

» Compte Rendu

le 16.09.2013 à 06:00 · par Pablo S.

L’amour et la violence.

En ouverture, nous avons eu droit à la dernière prestation de Dotsy Dot, partie bientôt pour l’Angleterre à l’heure où j’écris ces lignes, fragile silhouette sur scène, petit bout de femme qui oscille au gré des arpèges cristallins de la guitare de Angil, complice de son premier ep. Et c’est un plaisir particulier, celui de voir confirmer tout le bien que j’en ai pensé à la première écoute.

En une demi-heure à peine, elle égrène son répertoire, dans un souffle et nous achève avec cette troublante reprise de Sonic Youth, Little Trouble Girl (Washing Machine). Ça lui allait comme un gant.

Puis comme un bolide lâché sur une route sinueuse de montagne (pour justifier le port de la chemise à carreaux), Old Mountain Station a poussé les potards à 11 pour nous livrer une ré-interprétation de son album en version wall of guitars. De la noisy-pop pour réhausser des chansons enjouées ou un peu tristes, une bonne dose de viande sur une glace à la vanille. J’ai beaucoup aimé cette osmose particulière et intime du groupe, cette connivence entre potes se voyait et donnait plaisir à être vue, avec pour bénéfice une musique plus riche dans la brotitude, le panache et le côté arrogant du rock.

Ils seront de nouveau en concert à l’Internationale, soit une nouvelle chance de siffloter dans sa tête pendant des heures I am Lo-Fi (on parle de séquelles graves, là, genre de bonne humeur sans raison pendant des heures après le concert).

Les putains de morceaux cachés.

Pour avoir vu Angil pleiiiin de fois sur scène, avec ses groupes à géométrie variable ou seul avec ses samples, je me demandais juste comment serait cette fois. Surprise, étonnement ou lassitude, bref, plein de questions, trop pour apprécier le show. Alors j’ai tout laissé de côté pour plonger de nouveau dans ce paradigme french indie où la pure poésie côtoie le slam urbain, le rock fourre-tout à la façon d’un treme du Sud de la France (oui, je parle de Treme, la série de HBO autour de la vie et de la musique de la Nouvelle-Orléans).

Les 4 morceaux du ep dernièrement sorti sont passés à la moulinette du live, la chaleur en plus ! Des désormais standards ont été aussi joués (In Purdah par exemple, de Oulipo Saliva, magnifique morceau scandé au fil de la lame) et les HiddenTracks (formés ce soir-là d’une section cuivre, d’une flûte traversière, d’une contrebasse, d’un batteur, d’un violon…) ont fait plus qu’accompagner mais ont sublimé le répertoire.

The Hiddentracks c’est un peu la surprise à chaque fois, ils sont 9 à l’origine mais pas forcément tous présents à chaque scène, aussi on imagine le plaisir particulier à jouer les même chansons mais jamais avec la même répartition, jamais le même concert en somme. Brillant.

Et pour mon plus grand plaisir a été joué Dolaytrim, morceau emblématique des débuts (Teaser for Matter, 2004 déjà), dans une prestation rare de beauté et avec ma batterie de téléphone à plat, aucun enregistrement possible.

Le final s’est produit dans la foule hilare et éblouie, les cuivres et instruments à vent se baladant dans la salle pour pointer des pics sonores et des chorus à bout portant, pour le plus grand plaisir de tous.

(crédit photos: F.Bauduin)

Retour haut de page

Photo Concert Angil + Dotsy Dot + ..., Paris, Espace B, le 07.09.2013

» Accès Archives

Copyright © 2004-2013 Millefeuille, toute copie intégrale ou partielle est soumise à autorisation. Contacts. En continu.