The Nits

Paris, L'Alhambra - 07.12.2009

» Compte Rendu

le 09.12.2009 à 06:00 · par Dominique K.

Pour son unique date française, les Nits posaient leurs valises ce lundi soir dans un théâtre de l'Alhambra plein à craquer. Deux heures plus tard et sur un Adieu Sweet Banhof endiablé, il est temps de dresser le bilan d'un concert exceptionnel.

Depuis plus de trente ans, le groupe parsème le monde musical de ses merveilles pop. Dans l'inconscient populaire hollandais, il est certainement noté qu'un album des Nits est équivaut à un classique. Mais ce que l'on sait moins est que le groupe a toujours peaufiné ses chansons en concert, les améliorant sans cesse. Il n'est donc guère étonnant que les meilleurs morceaux du groupe soient ceux joués depuis longtemps. Mû par cet esprit en ce lundi-soir, le groupe présentait son tout nouvel album Strawberry Wood et tentait donc de donner un peu de chair à ses toutes nouvelles compositions. A ce petit jeu, il est toujours étonnant de sentir à quel point la cohésion musicale de ce groupe est impressionnante sur scène en tous points : les Nits ont égrené les douze morceaux de leur nouvel album avec le plaisir évident de les faire partager à un public déjà complètement acquis à leur cause. C'est ainsi que l'on mesure la puissance évocatrice ou pas de ces nouveaux titres. L'oreille attentive a tout de suite repéré sur l'album les points d'orgue. Toute la question est de savoir si sur scène, ces moments tiennent vraiment la route et c'est le cas notamment pour Tannenbaum qui, sur album et sur scène, se révèle pleinement comme le nouveau grand classique du groupe. Il en est de même pour Departure, une chanson douce amère sur le départ des enfants de l'antre familiale ou encore Distance. En France, l'amusant, mais au fond très sérieux, La Petite Robe Noire devrait faire quelques ravages.

Comme je le disais en préambule, le groupe est au sommet lorsqu'il interprète ses anciennes compositions - notamment ses nombreux succès - et on ne peut pas dire qu'ils aient été avares lundi soir. Le feu d'artifice a commencé par Cars & Cars, issu du meilleur album du groupe Ting, servi par la rythmique impeccable de Rob Kloet et les envolées lyriques aux claviers de Robert Jan Stips, la voix de Henk Hofstede atteignant alors avec une facilité déconcertante des sommets d'émotion et il en sera de même pour tous les grands classiques du groupe chantés ce soir-là : un magnifique Nescio, un J.O.S Days troublant, un In The Dutch Mountains d'anthologie et enfin ce Adieu Sweet Banhof dont le public français est depuis longtemps friand.

Ce que l'on retiendra aussi de ce concert, est une certaine leçon d'humilité : Hank Hofstede est un parfait maître de cérémonie, expliquant dans un franglais, à la fois drôle et touchant, l'histoire ou l'origine de chaque morceau ; la retenue discrète de Stips, véritable maître artisan depuis plus de 20 ans du son The Nits et enfin la sobriété de Rob Kloet, un des meilleurs batteurs au monde. Il n'est pas étonnant alors que ce petit monde s'assoit au bord de la scène, épaule contre épaule, et interprète sans micro une petite session acoustique.

En chroniquant l'avant-dernier album, Doing The Dishes, je me plaignais que l'un des plus grands groupes au monde soit, depuis plus de trente ans, ignoré du grand public. Ce lundi soir, à l'Alhambra, les Nits étaient certainement dans le cœur de plusieurs personnes le plus grand groupe pop du monde et ce titre était loin d'être usurpé.

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Photo Concert The Nits, Paris, L'Alhambra, le 07.12.2009

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