Calexico

+ Herman Düne

Cluses, Musiques En Stock - 04.07.2009

» Compte Rendu

le 13.07.2009 à 06:00 · par Eric F.

Une petite ballade de deux heures dans les montagnes pour retrouver Calexico le temps d'un concert gratuit, ça ne se loupe pas. Direction Cluses, donc, pour le festival Musiques En Stock, qui après avoir vu passer Tricky et les Young Gods les jours précédents, aura confié le soin de clôturer cette édition 2009 à Joey Burns et les siens. La scène, plantée au milieu d'une place du centre ville, se retrouve presque au pied des montagnes : on se sent tout de suite très à l'aise, d'autant plus que le temps est idéal.

La fin du concert de Narrow Terrence n'aura pas fait forte impression et on se dit qu'on aura bien fait de prendre son temps pour arriver. Petit tour sur le site du festival en attendant l'arrivée d'Herman Dune, une nouvelle fois en formule trio guitare-basse-batterie. Joey Burns et John Convertino déambulent tranquillement pendant ce temps-là.

David-Ivar Herman Dune arrive sur scène après un soundcheck plutôt longuet et déçoit dès le premier morceau, joué en acoustique. Certes, on sait que le groupe n'a plus grand chose à voir avec celui de Turn Off The Lights ou Mas Cambios, mais le choc n'en est pas moins rude. Phénomène poussé à son paroxysme lors de l'arrivée sur scène de Neman, vêtu d'une chemise blanche et d'un micro-short rouge. Si le groupe s'amusait à se lancer dans le Suffering Jukebox des Silver Jews pendant la balance, le set se concentrera (malheureusement) sur les deux derniers albums du groupe, Giant et Next Year In Zion. On se demande alors comment on a pu arriver à un tel gâchis en l'espace de quelques années. Herman Dune ou le groupe que l'on croyait intouchable, lui qui savait si bien nous amener vers de superbes découvertes (Shellac, Jad Fair & Teenage Fanclub, Jeffrey Lewis, entre autres) et qui se retrouve désormais presque incapable de livrer une chanson convaincante. Les structures répétées à l'envie d'une chanson à l'autre ont perdu de leur charme, Neman semble complètement largué par moments, alors que la basse est tout simplement inaudible. C'est écoeuré que l'on assistera à ce massacre, chaque morceau souffrant de maux incurables, comme quand David-Ivar se lancera dans de longs intermèdes bruyants en allant pousser son ampli. On se souvient des frissons qu'il nous procurait alors, sauf qu'à l'époque, son frère André était là pour assurer derrière. Ces solos sans queue ni tête auront raison du peu de tolérance qui nous restait (on vous fait grâce des commentaires sur les backing vocals) et c'est avec soulagement qu'on verra le groupe quitter la scène, avec l'amère sensation d'avoir assisté à l'enterrement d'un groupe qui nous était si cher.

Ces considérations seront bien vite oubliées avec l'arrivée de Calexico, dont les membres semblent toujours aussi heureux de se trouver sur scène. On se retrouve tout de suite transporté avec un Gatillo (Trigger Revisited) qui prend toute son ampleur sur scène. Le morceau étant bien aidé, il faut le reconnaître, par un son idéal. Désormais rendu à sept (Jairo Zavala semblant être devenu un membre du groupe à part entière), Calexico assure l'ambiance avec le Jesus & Tequila des Minutemen, où Paul Niehaus prouve qu'il sait aussi faire des merveilles sur une guitare électrique. Si l'on pouvait craindre que le groupe ne se concentre un peu trop sur le récent Carried To Dust, le concert n'en aura finalement pas souffert, tant les versions proposées auront été largement supérieures à celles du disque. Le déjà très bon Two Silver Trees aura été magnifié avec son refrain appuyé par trois guitares électriques, insufflant une énergie inattendue au morceau (phénomène similaire sur Bend In The Road). Le public, assez familial, se prend au jeu avec plaisir. Les fans sont également en nombre, à en juger par les réactions quasi hystériques sur l'intro de Minas De Cobre. Calexico est peut-être un peu énervant sur ses quelques titres "cours de salsa" (le crispant Inspiracion en tête), mais même dans les (rares) moments difficiles du concert, l'assise rythmique (John Convertino une nouvelle fois irréprochable) et l'enthousiasme du groupe évitent les mauvaises surprises. En parlant de surprises, on louera cette version retravaillée de Sunken Waltz, où Joey Burns confirme à quel point il est à l'aise avec sa voix (qu'elle semble loin l'époque de Spokes !). Tant pis si la prise de risque quasi-noise de Not Even Stevie Nicks... n'aura pas trop fonctionné.

Après un set assez long, ponctué par un Guero Canelo acclamé par le public quand il cita Manu Chao, le groupe reviendra pour une nouvelle reprise des Minutemen, Corona. Et ne manquera bien sûr pas de terminer par un Crystal Frontier étiré au possible, le traditionnel passage rendant visite au Ghost Town des Specials se faisant beaucoup plus électrique que d'habitude. Confirmant sa capacité à improviser en allant là où bon lui semble, Calexico aura encore joué avec succès sur tous les tableaux. A tel point que les Alpes avaient un petit air de Grand Canyon...

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Photo Concert Calexico + Herman Düne, Cluses, Musiques En Stock, le 04.07.2009

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