Earth

+ Sir Richard Bishop

Berlin (de), Lido - 27.02.2008

Tournée européenne 2008 avec Sir Richard Bishop.

» Compte Rendu

le 17.03.2008 à 06:00 · par Benjamin A.

Richard Bishop fut le premier à entrer sur scène, presque dans l'indifférence, avec sa guitare, peinant pendant le premier quart d'heure à vraiment se faire une place dans la cohue d'un public visiblement peu sensible à la guitare acoustique. Le premier quart d'heure, le musicien s'est vu enchaîner des anciens titres des Sun City Girls, Torch of the Mystics, et le superbe Fingering the Devil, dédié à Charles Gocher, jusqu'à une version acoustique d'Over the Rainbow, qui n'a pas fait l'unanimité au milieu d'un public plutôt agité et inattentif.

"Elles sont ennuyantes tes chansons !", lance un spectateur au milieu du concert, alors que Bishop est en train de réaccorder sa guitare et d'ajuster sa pédale de boucle.

"Je dois être là ! Je dois jouer ici!", lui rétorque l'Américain, ému et énervé à la fois. Reprenant contenance, mais la face aigrie, Bishop reprend, "je vais donc jouer un nouveau titre ennuyant", sur un ton cynique et glacial. Au moment où Bishop amène les premières notes de The Vinegar Stroke, l'incident semble déjà bien loin. Il valait mieux vite passer à autre chose. Le public s'enflamme au quart de tour et l'énervement du musicien n'a pas eu que de mauvaises retombées.. La prestation du guitariste n'a alors fait qu'aller crescendo, ne s'arrêtant plus, atteignant le bruit blanc avec une simple guitare acoustique et des doigts volant autour. Bishop a finalement réussi à s'isoler à bord se son jeu pour une dernière demi-heure d'une performance qui n'a plus cessé de monter en puissance, mais à côté de laquelle une bonne partie du public est malheureusement passée ce soir-là. Le guitariste a fini par stopper net, débranchant sa guitare, et se retirant en saluant le public d'un geste furtif de la main.

Si Dylan Carlson n'a pas l'allure d'une rock star, le groupe non plus ne joue pas sur cette image. Ce n'est que quelques minutes après la fin du concert de Sir Richard Bishop que Dylan Carlson, en tenue de vigile, entre en scène, dispose ses trois pédales au sol, et s'empare de sa guitare.

Quelques seconde suffisent au groupe complet pour se mettre en place. Pour cette tournée, Earth est formé de Dylan Carlson à la guitare, Adrienne Davies à la batterie (depuis 2002), Steve Moore au trombone et wurlitzer, et Don Mac Greevy à la basse. Le temps de quelques réglages, un long larsen de Carlson pour donner le "la" et le groupe de Seattle se met en route, plombé d'entrée par le premier coup de caisse claire qu'assène Adrienne Davies, en faisant littéralement balancer son corps en entier vers les fûts dans un mouvement ralenti au maximun.

S'il y a une vedette dans Earth, c'est bien Adrienne Davies. Depuis Hex : Or Printing in the Infernal Method, c'est elle qui tient les rênes du groupe. C'est celle qui lui donne sa tension et qui inocule à l'auditeur ce rythme robotisant qui ne disparaît totalement du corps qu'après quelques jours. Celle, au final, dont on a du mal à détacher le regard, c'est bien elle. La batteuse a rejoint Earth en 2005, à la batterie et aux percussions. Elle a également joué avec Boris et Sunn o))).Ses premiers pas dans le groupe se trouvent dans Living in the Gleam of an Unsheathed Sword, un album enregistré en 2002 et sorti chez Megablade Records en 2005.

Le première heure du concert est essentiellement tournée vers des titres du dernier album. Les titres s'enchaînent sans la moindre hésitation, ni la moindre approximation. En quelques années, Dylan Carlson a énormément travaillé son jeu de guitare, pour désormais réussir à jouer le plus lentement qu'il peut. Steve Moore est littéralement en extase sur son wurlitzer, introduisant des nappes flottantes et dissonnantes là où tout n'est qu'ordre et mesure. Il intervient au tuba sur la deuxième partie du concert, sur les titres anciens. Entendons par là des versions superbes d'Ouroboros Is Broken et A Plague Of Angels. L'accueil du public est unanime, Earth est même redemandé pour deux rappels, l'ultime Engine of Ruin, même légèrement entaché par un accordage trop rapide chez Carlson a suffi à clore une prestation parfaite. Après presque deux heures de rayonnement intense, le groupe a finalement quitté la scène, pour se retrouver au complet au stand de disque, pris d'assaut pour une séance de dédicace (qui aurait pu croire). Lorsqu'un groupe devient culte, il doit faire face à une foule grandissante d'adorateurs.

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Photo Concert Earth, Berlin (de), Lido, le 27.02.2008

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