Do Make Say Think

+ The Berg Sans Nipple

+ Poney Club

Orléans, L'astrolabe - 29.10.2003

» Compte Rendu

le 02.11.2003 à 12:00 · par Antoine D.

Lancée quelques jours après la sortie du nouvel album (Winter hymn Country hymn Secret hymn), la tournée européenne de Do Make Say Think passait par l'Astrolabe d'Orléans en cette fin Octobre. Il n'est pas étonnant de retrouver Berg sans nipple en première partie tout au long de cette tournée, puisque deux membres de DMST ont collaboré à Form of, premier album du duo franco-américain.

La soirée s'ouvre par un set de Poney Club, formation locale au line-up pluridisciplinaire : quatre musiciens (un guitariste, un batteur, une violoncelliste ainsi qu'une claviériste qui s'empare aussi d'un trombone à coulisse sur plusieurs morceaux), une danseuse et un vidéaste. Le principal point fort de Poney Club réside dans la capacité du groupe à surprendre par ses enchaînements, à travers un post rock évoquant GY!BE ou A Place For Parks (notamment dans les phases où le trombone est mis en avant). Même si les quelques passages vocaux se révèlent moins convaincants, la partie instrumentale reste de bon niveau, comme sur l'agréable et très "Tortoiséen" titre de clôture.

Après le petit de quart d'heure nécessaire à la mise en place de leur bric-à-brac d'instruments en tout genre, le duo Berg Sans Nipple prend place : ils jouent face à face, la batterie à droite, les claviers à gauche, et entre les deux une forêt de câbles, une boîte à rythmes, des percussions, un mélodica. A la vue d'un tel fourre-tout, on pourrait naïvement penser que Berg Sans Nipple ne fasse qu'errer dans des bricolages sonores et autres bidouillages électroniques, mais assister à un set de BSN, c'est bel et bien contempler l'osmose parfaite qui règne au sein du duo. Car, sur scène, la musique de Berg Sans Nipple prend une dimension extraordinaire, bien supérieure à celle de l'album : ici, il se passe toujours quelque chose, et jamais on ne s'ennuie d'écouter les sonorités se mélanger dans cette atmosphère particulièrement vivante. Sur Blvd des souvenirs, le duo se mue en quartet grâce à la venue de deux membres de DMST, reconstituant ainsi un line-up proche de l'album : le morceau se voit alors densifié par les vagues soniques de la guitare de Justin Small, tandis que les boucles cuivrées sont fortement intensifiées par Brian Cram, le trompettiste bondissant. Assister à un set de Berg sans Nipple permet d'apprécier l'entière complémentarité du duo, et le résultat est un véritable plaisir auditif et visuel de chaque seconde : les accélérations, les décélérations bercées par le mélodica ainsi que les boucles entêtantes sont rassemblées pour un brillant cocktail hypnotique.

Puis, les sept membres de Do Make Say Think investissent la scène et ouvrent leur set par Auberge le mouton noir, un morceau qui met d'ores et déjà en valeur la section rythmique de la formation : le tandem des deux batteries joue parfois en parfaite synchronisation, puis se désynchronise pour imposer deux rythmiques dissociées mais complémentaires, avant de revenir en phase totale. Parallèlement, Charles Spearin, campé au centre de la scène, impose un jeu de basse impeccable, aussi bon lorsqu'il distille des sonorités rondes que lorsqu'il déploie des lignes de basse aériennes, comme sur Fredericia. Entre les effets tourbillonnants de la guitare d'Ohad Benchitrit et les envolées (certes, parfois plus approximatives) de l'armada de cuivres (trompettes, saxophones, trombone), Do Make Say Think sait aussi transmettre un certain enthousiasme notamment par l'intermédiaire de Brian Cram, qui s'illustre en descendant dans la fosse avec son trombone, en prenant quelques photos du public, ou bien en se ruant vers ses partenaires de scène comme pour mieux communiquer avec eux. La formation originaire de Toronto se révèle très cohérente dans son ensemble, que ce soit pour jouer une version déchaînée de The landlord is dead, ou pour afficher sa grande maîtrise collective en pratiquant les effets Doppler de Outer inner & secret.

En résumé, une très bonne soirée présentant trois groupes qui démontrent sur scène un grand potentiel créatif, ainsi qu'une grande aisance à mélanger les styles.

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Charles Spearin (photo Eric Auv, http://lebonbonacidule.free.fr)

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