Preston School of Industry

+ Spiral Stairs

Il y a une vie après Pavement

» Interview

le 01.06.2004 à 18:00 · par Eric F.

Quelles sont tes impressions sur le nouvel album ?

Et bien je dirais mélancolie, pleurnicheries, jovial et, voyons voir… J'aime bien ce nouvel album, je suis assez fier de l'avoir fait. Il est encore assez « frais » et je suis toujours dans une phase d'excitation par rapport à ça.

Pourquoi est-il sorti sous trois formes différentes ? La version européenne, l'américaine avec les vidéos, l'australienne avec le disque live en plus…

N'oublie pas la version japonaise avec deux titres en plus (rires) ! C'est comme ça que j'ai toujours fait les choses, même avec Pavement on sortait des titres supplémentaires. Il faut le faire pour les différents territoires, car les imports sont très peu chers dans certains pays, il faut donc faire une version locale qui donne envie d'être achetée.

C'est quelque chose qui est dans ton contrat ?

Non, c'est juste un truc assez amusant à faire…

D'un autre côté c'est assez énervant parce que pour nous, c'est assez cher si on veut se procurer le disque live.

A vrai dire, tu peux le trouver sur itunes. Tout comme les titres bonus de l'édition japonaise apparaîtront sur un single que va sortir Domino. Tout le monde les téléchargera de toutes façons (rires). C'est vrai que ça peut avoir des côtés moins positifs, mais si tu collectionnes les disques, ça peut toujours être amusant. Pour moi au moins, ça l'est.

Monsoon me semble être plus resserré par rapport à All This Sounds Gas.

Oui, c'est un disque plus simple, c'est vraiment ce que j'ai voulu faire. J'ai essayé de n'enregistrer que des morceaux que je voulais voir apparaître sur le disque plutôt que de faire une trentaine de morceaux comme la dernière fois et devoir choisir lesquels je voulais. Cette fois ci je savais donc beaucoup plus où je voulais aller.

Tu n'as donc pas de restes ?

Non, il n'y en a pas. J'ai eu un peu de mal à faire des B-sides ou des bonus tracks : « Oh non, il ne me reste plus rien ! » (rires).

As-tu l'impression d'améliorer ton songwriting ?

Pas forcément, c'est toujours un peu difficile d'écrire des chansons pour moi, même si ça vient un peu plus facilement. J'ai remarqué que ça marchait beaucoup par périodes en fait.

Ca n'a pas été trop dur d'endosser seul les responsabilités de l'écriture ?

Non, pas vraiment. C'est dur parfois, mais je laisse les choses venir, je prends mon temps. Je fais tout mon possible pour que ça soit une situation normale. Ca ne me pose finalement pas trop de problèmes dans l'ensemble.

Il y a eu un changement de line-up entre les deux albums : est-ce que Preston School Of Industry est un projet solo déguisé ?

Oui, mais en fait beaucoup de gens disent que c'est un projet solo parce que j'étais dans un groupe avant tu sais (rires). Si je n'en avais pas fait partie, je pense que ça n'aurait jamais été évoqué. C'est nouveau pour moi, d'écrire les chansons et j'ai un personnel qui change constamment et chacun à son rôle à remplir. Les nouveaux membres avec moi sont géniaux et on est très amis.

Preston School Of Industry serait donc plus un collectif ?

Oui, tout à fait, c'est comme ça que je le qualifierais.

Est-ce que les autres membres sont impliqués dans l'écriture des chansons ?

Non, pas vraiment. Tu sais, chacun donne un peu de son caractère aux morceaux mais ça vient uniquement de leur façon de jouer.

Donc tu es le boss.

(rires) Oui, je suppose.

Comment est ce que Wilco et Scott McCaughey des Minus 5 se sont retrouvés à jouer sur Get Your Crayons Out ?

Scott est un ami qui vit aussi à Seattle, de toute façon il joue sur les disques de tout le monde (rires). Pour Wilco, j'ai fait une tournée avec eux en Europe et aux Etats-Unis pendant plusieurs mois. On est devenus amis et un soir où ils étaient en ville pour donner un concert je les ai invité chez moi. Get Your Crayons Out était presque déjà terminé et je leur ai dit « Venez donc manger un peu de poulet, boire de la bière et jouer sur ce morceau ». Ils étaient vraiment enthousiastes à cette idée et c'était plutôt bien. Surtout si tu écoutes le nouveau Wilco où il y a pas mal d'éléments qu'ils ont utilisé sur ce morceau.

Leur nouvel album est terminé ?

Oui, il est prêt à sortir.

J'ai entendu dire que Jeff avait quelques problèmes.

Exact, mais ils devraient bientôt être prêts à partir en tournée. Ils ont du passer à travers certaines épreuves (rires).

J'ai lu ça. Je me demandais si ils n'avaient pas eu une influence assez importante sur ton album.

Je ne sais pas si c'est une influence, enfin plutôt dans le sens où ça a influencé mon approche de l'album. Cette tournée avec eux s'est très bien passée, c'était super simple, tout à fait normal, tout était réduit au strict nécessaire. J'ai beaucoup appris de ça et c'est ce que j'ai voulu faire. Je ne trouve pas que les chansons aient été spécialement influencé, mais plus le sentiment général qui se dégage du disque. J'ai beaucoup appris grâce à eux.

Est-ce que Preston te permet de faire des choses que tu n'aurais jamais pu réaliser avec Pavement, comme avoir une pedal steel par exemple ?

Ou des cuivres ! Oui, ça m'a assez libéré à vrai dire. Je peux ainsi faire des choses que j'ai toujours eu envie de faire. C'est assez cool !

J'ai vu la vidéo pour Falling Away où tu te déguises en Robert Smith (Cure) et Peter Buck (R.E.M.) : tu as toujours rêvé d'être une rock star ?

Oh, n'oublie pas Will Sergeant (Echo & The Bunnymen, le groupe fétiche de Spiral) (rires) ! Non, ça n'a jamais vraiment été un rêve, c'est juste que ces trois personnes ont eu une grosse influence sur moi. J'ai juste pensé que ça serait amusant de leur rendre hommage de cette façon.

Et quelle est ton opinion sur les nouveaux groupes qui émergent ? Penses tu que certains se déguiseront un jour en Spiral Stairs dans leur vidéoclips ?

(rires) Je ne sais pas à quoi ils ressembleraient ! Ca serait étrange. Je ne pense pas avoir un certain look, ils n'auraient probablement qu'a mettre juste un t shirt et ça irait (rires).

Il y a quand même des gens qui doivent te considérer comme un « parrain ».

(rires) Oh mon dieu, je n'espère pas ! Cela dit, il y a beaucoup de nouveaux groupes que j'apprécie. Mon album préféré du moment est celui de Broken Social Scene, ils sont canadiens. Ca fait déjà quelques temps qu'ils existent et leur nouvel album est incroyable. Bien sûr il y a The Shins avec qui on joue ce soir qui est un de mes groupes favoris. Sinon je ne sais pas, il y a tellement de très bons nouveaux groupes. C'est aussi excitant qu'avant…

L'affiche de ce soir avec toi et The Shins parait tomber sous le sens.

Oui, ça va être sympa, on est tous fans de bonne musique, et j'espère que ça s'entend !

As-tu assez de temps pour t'occuper de ton label Amazing Grease ?

Non pas vraiment, on ralentit un peu les activités. Ca n'a pas une importance énorme, on se lance dedans quand on a un peu d'argent de côté et on n'a pas d'argent pour le moment… Il y a de bons nouveaux groupes comme Film School, Panty Lions, Moore Brothers ou Canoe.

Vas-tu encore sortir des EPs de Preston School Of Industry sur ce label ?

Non, rien d'autre pour le groupe. Je vais laisser d'autres groupes dépenser l'argent (rires).

As-tu des nouvelles d'Oranger ?

Oui, ils viennent de sortir un nouveau disque, mais pas chez nous. Ils continuent leur bonhomme de chemin, ils jouent beaucoup sur San Fransisco. Je ne sais pas exactement ce qu'ils font mais ils sont toujours là.

Que penses-tu de la reformation des Pixies ?

C'est génial, non ? J'espère que ça va valoir le coup. Ne pas les voir en se disant « Mince, ça n'est vraiment plus ce que c'était ». C'est un peu ce qui m'inquiète à propos de ces reformations, te rappeler ce que tu avais ressenti la première fois où tu avais entendu le groupe et être déçu. Je pense qu'ils devraient pouvoir s'en tirer. J'ai déjà vu des groupes ne pas y arriver et c'est assez triste. On verra comment ça se passe.

Je suppose que la question suivante est assez évidente…

(rires) Oh oui, je me doute très bien de ce que ça va être ! On ne sait jamais, mais comme je viens de le dire, je n'ai pas envie de détruire certaines choses. De mon point de vue, ça serait une erreur si Pavement se reformait maintenant. Ca serait vraiment idiot, ça ne serait pas aussi drôle qu'avant. Mais ça pourrait encore l'être si tout le monde est vraiment motivé. Dans ce cas, je pense que ça pourrait redevenir bien. Dans le cas contraire ça n'en vaut vraiment pas la peine.

J'ai l'impression que la reformation des Pixies, par exemple, est quand même étroitement liée avec l'argent.

Oui, c'est souvent le cas non ? A moins que tu ne sois Wire ou un groupe du genre où les membres s'entendent toujours bien entre eux (rires). Je ne sais pas, c'est assez dur de savoir. Si Pavement se reforme dans dix ans, c'est sûrement ce que les gens diront. On verra bien…

Je me demandais pourquoi tu es le seul a être impliqué dans ce qui touche à Pavement comme le dvd, l'album tribute ou la réédition de Slanted & Enchanted ?

Ca a toujours été mon rôle, même quand le groupe existait toujours. C'était ma vie, et je m'assurais que j'allais bien garder ces parties de ma vie. Même si ça n'est plus un groupe, je sens que j'ai toujours des responsabilités vis-à-vis de Pavement. Les autres n'ont pas forcément le même avis sur la question et puis de toute façon, je suis le seul à avoir gardé des traces de notre existence (rires).

Tu as des informations à nous donner à propos de la réédition de Crooked Rain Crooked Rain ?

Oui, on travaille dessus en ce moment. J'ai les bandes chez moi et je vais me mettre à étudier ça une fois que la tournée sera finie. Je pense qu'il y a moyen d'exhumer des bons trucs.

Pour terminer, j'aimerais bien revenir sur l'épisode Lolapalooza dans le dvd Slow Century (Pavement joue en Caroline Du Nord et se fait accueillir par une pluie de mottes de terre lancées par le public. Après avoir essayé quelques morceaux, le groupe abandonne et Spiral quiite la scène après avoir montré son derrière à la foule). C'est le moment le plus rock'n roll de ta carrière ?

(rires) Ce jour là ? Pas vraiment, c'était vraiment très embarrassant. Je crois que j'ai perdu le contrôle de mon tempérament … C'était assez drôle dans un sens aussi. Toutes ces mottes de terre n'ont pas atterri sur mes fesses, et j'en suis fier. Par contre, j'en ai toujours sur mon ampli.

Après toutes ces années ?

Après toutes ces années ! Il reste toujours de la terre dessus qui ne part pas ! Je ne suis même pas sur d'avoir envie qu'elle parte d'ailleurs (rires) !

Merci à Rahim.

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