Microfilm

Microfilm on the rocks...

» Interview

le 29.06.2012 à 06:00 · par Mathieu M.

Avec bientôt 10 ans d'existence, ce groupe poitevin discret et original poursuit son chemin en livrant en 2012 son quatrième album AF127 accompagné de nombreuses dates en France. Une recette bien personnelle autour d'un rock instrumental puissant et sensible, intelligemment agrémenté de dialogues et de samples tirés du cinéma et mis en vidéo sur scène. Correspondance avec un groupe désormais incontournable.

Votre nouvel album AF127 s'inscrit en continuité des précédents mais semble franchir un cap en maturité. Quelque chose aurait-il changé?

Guillaume: Parler de maturité est un peu prétentieux. Disons seulement que cela fait très longtemps que nous nous connaissons tous et que nous faisons de la musique ensemble et que, forcément, pour certains aspects, ça facilite le travail.

Yohan: Ce dernier disque est certainement plus arrangé que les précédents, nous avons beaucoup plus anticipé sur le travail de composition pour pouvoir se laisser un peu de recul avant l'étape finale.

Dans le processus de composition, quel élément arrive généralement en premier pour donner le ton ? L'ambiance d'un film ou l'idée d'un riff de guitare ?

Guillaume : C'est généralement la musique qui arrive en premier même si l'inverse est parfois arrivé. Pour le dernier album, on a essayé un maximum de faire tout en même temps.

Le travail en matière de textures sonores et d'effets semble aussi de plus en plus prépondérant. Comment le travail de Cyril Chesse se retranscrit-il en live? Bientôt sur scène, lui aussi?

Guillaume : En live, c'est toujours Cyril qui mixe. C'est important pour nous car il intervient vraiment artistiquement sur notre son et ses choix de mixage sont partagés par tous les autres membres.

Yohan: Cyril est intervenu en live dès les premiers concerts en retraitant les guitares avec ses propres effets personnels, qui ont pour but la plupart du temps de "texturer" le son de base de chacun.

Cyril: Effectivement ce quatrième album est plus riche en textures, chose qui s'est imposée instinctivement pour tout le monde et Greg a aussi proposé plus de sources et d'arrangements dans ce sens. Mais, non, ma venue sur scène n' est pas encore prévue et c'est à la console que je suis le meilleur ! Quand j'apporte de la matière en studio, on s'arrange pour qu'en live, ce soit joué par Greg ou Guillaume via les pédaliers. N'oublions pas non plus ce cher Franck Hueso qui nous a poussés dans nos retranchements lors de l'enregistrement...

Comment s'opère le choix des samples et des dialogues figurants sur certains morceaux? Y a-t-il une thématique ou un cadre dans lequel ces choix s'inscrivent au fil des albums ?

Guillaume : Ça se fait beaucoup de manière empirique. C'est suivant le feeling et les découvertes cinématographiques que nous faisons. Au fur et à mesure de la composition, les nouveaux morceaux apparaissent comme les pièces d'un puzzle. Certaines pièces sont écartées, puis l'étape du tracklisting permet d'assembler toutes les pièces pour obtenir quelque chose d’abouti et de cohérent. Les thématiques, c'est souvent très restrictif. Ça peut aider de composer dans un cadre mais, souvent, ça enferme. On a envie d'être assez libres et de pouvoir partir dans plein de directions. La seule fois où une contrainte est apparue, c'est lorsque la Scène Nationale de Poitiers nous a proposé de faire des reprises de Gainsbourg. C'était nouveau pour nous : Partir de chansons françaises pour les mixer avec notre univers en enlevant les éléments de texte. On les a enregistrées, mais nous n'avons pour l'instant pas eu le droit de les sortir.

En jetant un œil à vos concerts passés, vous semblez avoir un autre port d'attache, la Chine. Comment est né ce projet fou de tourner en Chine et quel accueil recevez-vous ? (Pour la blague et même si c'est cliché, il manquait un morceau kung-fu et le nouveau "flying guillotine" aurait donc servi de petit clin d’œil...)

 Guillaume : L'opportunité de tourner en Chine est arrivée par hasard au fil de rencontres et des connaissances. On a su qu'il y avait une possibilité et on s'est accroché au truc. Aller jouer à l'autre bout du monde. Se confronter à des gens différents. Surtout ne pas rester jouer dans notre ville mais plutôt aller voir du pays.

Yohan: Lors de notre première tournée en 2007, les Chinois nous avaient beaucoup questionnés sur l'idée d'utiliser un film chinois sur les prochains disques. C'est aujourd'hui chose faite avec ce nouveau morceau et il faut avouer que ça a eu un certain succès sur place...

Microfilm semble vouloir suivre son propre rythme sans chercher de gros coups médiatiques (on ne vous voit pas sur les "gros" festivals français...) ni vouloir enchaîner d'interminables tournées. On reste sur une aventure à taille humaine ? 

Guillaume : On ne sait pas trop. On ne s'est jamais fait de plan de carrière. On n'est pas bankable. On est trop atypiques pour se retrouver sur un gros festival. On n'a pas de tourneur, pas de gros label. On ne sait pas pourquoi mais ça ne s'est jamais produit pour nous. Comme dirait Greg, on a un beau succès d'estime. C'est déjà ça.

 Yohan: C'est effectivement pas très "bankable" comme projet.... On a malgré tout vécu de très belles choses et espérons bien continuer à écrire de nouveaux morceaux et les partager avec ceux qui aiment les "aventures à taille humaine"...

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