Red

Social Hide And Seek

( Universal Jazz ) - 2007

» Chronique

le 15.02.2007 à 06:00 · par Eric F.

Après avoir poussé le folk dans ses derniers retranchements, que ça soit en l'acculant par des bidouillages électroniques (Felk, Songs From A Room), en l'unissant avec du blues urbain (33) ou bien tout simplement en ouvrant la porte a ses amis (Nothing To Celebrate) le sosie de Lénine semblait avoir fait le tour.

C'est sans doute pourquoi sa dernière tournée s'est orientée vers un rock beaucoup plus frontal, gavé aux riffs batons de dynamite. Si la surprise fût grande, cette nouvelle orientation et formation (Red, le groupe, étant agrémenté d'un clavier) n'avait pas laissé insensible. C'est donc cette voie qui sera suivie tout au long de ce Social Hide And Seek.

Si le côté communautariste apparaissait déjà sur l'opus précédent, on sent ici qu'il y a eu un vrai travail collectif sur ce disque, légitimant ainsi l'appelation de groupe lorsqu'on évoque Red, voulue par le rouquin lui-même. Dès Wrong Horses, volontaire entrée en matière, Jérome Excoiffier nous rappelle qu'il est des plus fins guitaristes en France. Le morceau accroche malgré son côté monolithique qui explose comme un exutoire forcément attendu.

Bien difficile donc de reconnaitre l'idôlatrie que voue Red à Bob Dylan, même si les morceaux suivants la jouent un peu plus calme, n'évitant d'ailleurs pas un petit raté avec l'insignifiant Black Dog & Me. Mené par une acoustique rythmée, Song for Beatrice remet ce Social Hide & Seek directement sur de bons rails.

Mais l'album, qui ne renie pas quelques petites incursions bizarroïdes (on ne se refait pas) démarre définitivement avec un In Your Bed tendu où l'accent très particulier de Red se trouve en parfaite adéquation. Le genre de morceau idéal pour introduire Last Song, véritable monument construit sur trois accords lancinants et sursaturés, du genre à ne plus nous faire attendre grand chose du reste.

Il serait quand même bien dommage d'appuyer sur "stop" avant la fin tant le reste a de bien belles choses a partager.

On donnera une mention toute particulière à la rythmique, les parties de batterie étant assurées par la figure rennaise Tonio Marinescu et Néman, échappé d'Herman Düne, qu'on ne remerciera jamais assez d'avoir laissé ses grenouilles percussives (sic) au vestiaire afin de se concentrer sur ce qu'il sait faire le mieux. A noter également que Red s'est occupé de tenir la basse qui fait donc quasiment ses débuts dans la discographie du rouquin, étayant à merveille cette force percussive.

Il ne fait donc aucun doute que ce Social Hide & Seek est une forme d'aboutissement tant il parait inconcevable qu'il n'aurait pu voir le jour sans que Red ne passe par ses albums précédents. Et puisque le disque propose également un ou deux flashbacks vers un folk plus intimiste, on se dit que Red a fini par trouver une formule gagnante, peut être plus franche. Suffisament en tout cas pour faire passer la pillule amère qu'est Go Fuck Yourself Religion, plutôt déplacée dans le contexte d'un album fortement orienté vers le rock tant la guitare de Noel Akchoté semble motivée à l'idée d'assener un monumental coup de massue soporifique.

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Pochette Disque Social Hide And Seek

» Tracklisting

  1. Wrong Horses
  2. Social hide & Seek
  3. Black Dog & Me
  4. Song For Beatrice
  5. In Your Bed
  6. Last Song
  7. Scarecrow
  8. I'm Not A Yoyo
  9. Fucking Hell
  10. New Life
  11. Six Women In One
  12. Go Fuck Yourself Religion

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