Skullflower

Tribulation

( Crucial Blast ) - 2006

» Chronique

le 15.01.2007 à 06:00 · par Benjamin A.

Matthew Bower n'est pas réputé pour offrir des disques légers et insouciants, que ce soit avec Pure, au début des années 80, Total, Skullflower ou plus récemment Mirag et Hototogisu, tout ce que touche le musicien anglais se désagrège sur place. La chose curieuse, quand on parcourt ce qui peut être écrit sur Matthew Bower, c'est la retenue dans le jugement qui entoure sa musique. Le ton est volontairement descriptif, mais peu de gens se hasardent à la complimenter, ou à la critiquer et pour une raison simple : Matthew Bower attaque toujours le premier et ses remparts sont d'une épaisseur redoutable.

Les racines industrielles de Bower demeurent intactes, aussi bien dans la puissance du geste, que du son. Disons que Tribulation réussit encore à franchir un cap dans la violence et la radicalité, en mettant de côté les influences rock du dernier Orange Canyon Mind pour explorer les frontières du bruit blanc (Bower lui même se définit dans les liner notes comme auteur de tout ce qui est "gorges", "cordes" et "commotions"). Inutile d'essayer d'écouter Tribulation au casque ou alors ce sera certainement votre dernière expérience auditive.

L'album est une saturation générale, le disque lui-même ne pouvait guère supporter plus que ces 66 minutes 34 d'une tornade de larsens, murs de guitares fuzz déchaînées, formant une transe de feedback pour scies circulaires. L'album est une spirale de motifs hurlants, boucles et riffs de guitares dressant des murs électrifiés. Les morceaux s'enchaînent, en coupure nette, sans même une demi seconde de silence entre les titres. Il n'y a guère que Dying Venice qui offre un moment d'accalmie, du moins qui permet de retrouver la maîtrise de ses facultés sensorielles, comme on réaperçoit le fond de l'eau après le raz-de-marée. Void of Roses (c'est d'ailleurs un des seuls morceaux que l'oreille peut disséquer) dénote aussi par des retours au drone doom, ainsi que Dwarf Thunderbolt, deux morceaux à la tension plus contenue, dont les riffs ralentis percent de quelques trous ce mur de son. On constate alors avec torpeur que la fin du monde n'était que temporaire.

Les inconditionnels de Merzbow, Wolf Eyes, Keiji Haino et évidemment de Matthew Bower parviendront certainement jusqu' à satiété avec ce nouvel assaut qui fossilise tout autour de lui.

Retour haut de page

Pochette Disque Tribulation

» Tracklisting

  1. Lost in The Blackened Gardens of Some Vast Star
  2. Black Wind
  3. Saragossa
  4. Dying Venice
  5. Tribulation
  6. Void of Roses
  7. Dwarf Thunderbolt
  8. Silver Stars Rot Mindlessly
  9. In The Depths of the Stagnant Pond

» Accès Archives

Copyright © 2004-2013 Millefeuille, toute copie intégrale ou partielle est soumise à autorisation. Contacts. En continu.