Come

Don't ask don't tell

( Matador ) - 1994

» Chronique

le 26.05.2003 à 06:00 · par Eric F.

Je n'ai jamais aimé Kurt Cobain. Et ce pour plein de raisons différentes, pas toujours justifiables d'ailleurs. En tout cas, une chose est indiscutable : ce type avait de sacré bons goûts musicaux. Come était un de ses groupes préférés et comment lui donner tort à l'écoute de ce rugueux Don't Ask Don't Tell ? Ce quatuor de Boston n'a malheureusement fait parler de lui qu'après la fin de son existence (qui ne dépassa pas la fin des années 90) et ce grâce aux nouvelles carrières solo moins confidentielles de ses deux cerveaux, à savoir Chris Brokaw et Thalia Zedek. L'association de ces deux excellents guitaristes me manque vraiment beaucoup, mettez n'importe quel section rythmique pourrie derrière ces deux-là que personne ne viendra crier "remboursez" (ceci dit les deux autres Come ne sont pas des buses, loin de là). Vous l'avez compris les six cordes se taillent une énorme part du gâteau, se faisant tour à tour cajoleuses puis agressives, voir même acérées. Evidemment, le mélomane avide poses guitaristiques genre "matez-mon-moule-bite-gonfler-pendant-mon-solo-de-trois-plombes" passera vite son chemin. Et si après tout c'était Come le vrai Blues Explosion? Des morceaux tels que String, Poison ou In/Out se terminent comme ils ont commencé, c'est à dire pied au plancher, les guitares ayant sorti beaucoup plus d'idées que bien des albums entiers de groupes "respectables". C'est pourtant sur les titres apaisés que Come prend toute sa valeur, laissant place à la sensibilité à fleur de peau de la voix rauque de Thalia Zedek. Il ne faut pas oublier que sa version de Dance Me To The End Of Love pourrait presque rivaliser avec celle de tonton Cohen. On sent de la frustration chez cette dame là et pas qu'un peu, des envies d'aller voir ailleurs sans avoir de direction précise. Sur un titre comme German Song, tout en retenue, le groupe atteint des sommets de songwriting pour guitares électriques qui laisseraient pantois plus d'un groupe de p***-rock. Et en plus d'être un groupe merveilleux, on a également à faire avec de fins stratèges : Don't Ask Don't Tell se ferme par le magnifique Arrive où la fulgurance de la montée des guitares, comme surgie de nulle part, ne manquera pas de vous clouer définitivement au tapis. Come vainqueur par KO au dixième round.

Retour haut de page

Don't ask to tell

» Accès Archives

Copyright © 2004-2013 Millefeuille, toute copie intégrale ou partielle est soumise à autorisation. Contacts. En continu.