Clear horizon

Clear horizon

( Kranky / Southern ) - 2003

» Chronique

le 15.12.2003 à 18:00 · par Antoine D.

Huit années sont passées depuis le jour où Alan Sparhawk (Low) conseilla à Jessica Bailiff d’envoyer sa première démo au label Kranky. Depuis, trois albums sont sortis sous son nom sur le label de Chicago, et c’est désormais en duo avec Dave Pearce (Flying saucer attack) qu’elle nous revient au sein de Clear Horizon. On notera au passage que Flying saucer attack avait déjà collaboré avec plusieurs signatures Kranky tels le néo-zélandais Roy Montgomery ou encore Amp (groupe basé à Bristol, tout comme Dave Pearce). C’est donc après deux ans d’une correspondance transatlantique ornée d’échanges d’enregistrements, que naît ce premier album éponyme.

A travers ces neuf morceaux, on ressent de manière égale les influences des deux participants, qui parviennent ainsi à entretenir une relation équilibrée. La voix de Jessica Bailiff se répand, de façon chaleureuse comme sur Watching the sea en apportant une dimension aussi onirique que contemplative, où de façon plus fantomatique (Distortion song) pour s’immiscer dans une atmosphère plus aérienne. Si le dialogue entre les voix de Dave Pearce et de Jessica Bailiff sur For days rappelle par instants le tandem Charles/Bloedow (Elysian fields), la construction instrumentale sait se muer vers des formes inattendues, passant de basiques mélodies emmenées par une guitare acoustique à l’intégration d’une électronique bourdonnante qui s’élève jusqu’à la saturation. Les compositions révèlent leur originalité grâce au mélange entre instruments "classiques" (guitare, piano..) et une électronique bruitiste d’arrière plan, s’adaptant aussi bien à la voix de Jessica Bailiff qu’aux murmures de Dave Pearce (sur Millenium blues et A child’s eyes). Que ce soit dans le timbre des voix où dans l’intimisme instrumental, on ressent en permanence l’éloignement, la distance, le flou, juste avant que l’horizon ne se vienne s’éclaircir pleinement en fin d’album : après une transition proche du bruit blanc (Dusk), une sourde rythmique s’introduit sur Open road pour un morceau plus enlevé en guise de clôture, qui indique que le chemin est dégagé pour de prochaines collaborations fusionelles entre ces deux musiciens séparés par l'atlantique. Cette première rencontre est en tout cas pleine de promesses.

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Clear horizon

» Tracklisting

  1. Watching the Sea
  2. Death's Dance
  3. For Days
  4. Sunrise Drift
  5. Millenium Blues
  6. Distortion Song
  7. A Child's Eyes
  8. Dusk
  9. Open Road

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