Oneida

Happy New Year

( Jagjaguwar ) - 2006

» Chronique

le 25.10.2006 à 06:00 · par Gaëtan S.

Ce qu'il y a de remarquable avec Oneida, c'est la quantité de production que le groupe offre depuis la fin des années 90. Une moyenne qui frôle l'album annuel auquel il faut rajouter au moins deux EP. Et pourtant, malgré cette activité foisonnante, on aura du mal à dire que des disques comme Secret Wars ou The Wedding, sortis respectivement en 2004 et 2005 déçoivent ou lassent. Et à l'écoute de Happy New Year, on aurait même tendance à dire qu'ils viennent de sortir leur disque le plus abouti.

Encore une fois enregistré par Nicolas Vernhes, le son est conforme à ce que l'on connait du trio, sec et brut et un titre tel que The Adversary n'est pas de nature à nous déboussoler. Ce morceau rappelle en quoi Secret Wars fut une franche réussite : une batterie trépidante, un rythme effréné, des guitares tendues et des synthés tout en sursaut. A peine moins survoltées et encore plus psychédéliques, les 7 minutes de Up with People sont tour à tour hachées par des synthétiseurs crades et des guitares acérées puis éclatées par des arrangements tournoyant avant de se fracasser de nouveau sur une rythmique sèche. History's Great Navigators, dans une veine similaire mais moins euphorique est le seul autre morceau à jouer dans cette catégorie de morceaux épiques sentant bon la caféine à haute dose.

En effet, la grande majorité de Happy New Year est plutôt constitué de morceaux au tempo plus sage. Des titres comme Distress (au nom bien trouvé) et The Misfit en attesteront. Même si dans la forme le groupe parrait s'être assagi, dans le fond ils sont toujours aussi barrés. On retrouve toujours le psychédélisme abrupte de la scène new yorkaise exaltée par les Liars. Seulement, celui ci passe moins par des instrumentations énergiques mais par des textures sonores et des arrangements plus pointus (par exemple, la présence de violons sur You Can Never Tell). La voix notamment est souvent travaillée à l'aide d'échos (Reckoning), de doublements et de réverbération et devient le vecteur de la folie du trio. Pointing Fingers et Busy Little Bee sont à ce titre caractéristiques de l'album, la première étant complétement éclatée par des claviers monstrueux aux rythmes irréguliers et une voix ample que l'on croirait venir de partout et la seconde est une ballade au banjo avec plusieurs couches de voix.

Terminant par le répétitif Thank You Parents, Happy New Year (sorti en juin...) n'est pas un album radical mais une très bonne synthèse du savoir faire new-yorkais en matière de rock stimulant et psychédélique. Légérement plus posé et produit que ces prédécesseurs il n'est pas pour autant moins recommandable.

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Pochette Disque Happy New Year

» Tracklisting

  1. Distress
  2. Happy New Year
  3. The Adversary
  4. Un with People
  5. Pointing Fingers
  6. History's Great Navigators
  7. Busy Little Bee
  8. Reckoning
  9. You Can Never Tell
  10. The Misfit
  11. Thank You Parents

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