Tarentel

Live Edits: Natoma

( Root Strata ) - 2006

» Chronique

le 02.08.2006 à 06:00 · par Constantin D.

Difficile de suivre Tarentel ces derniers temps. Depuis les 30 minutes de Home Ruckus en début d'année, il est évident que la rupture avec les débuts post-rock/progressif du groupe (ou du moins le souvenir qu'on en garde, bien sûr simpliste par rapport à la richesse de disques comme The Order of Things) est consommée de façon plus radicale encore que dans le trio d'EP qui suivit We Move Through Weather en 2005. Ce Live Edits fait le même effet que Home Ruckus au premier abord : bruitiste, dense, assez lourdement édité, bref difficile à décoder et à apprécier.

Mais pour qui veut bien faire l'effort, ce premier opus d'une "série illimitée" (dixit le groupe) de documents live, enregistré en janvier 2005, à Natoma St à San Francisco (d'où le Live Edits : Natoma), a beaucoup à faire ouïr. D'abord, c'est enfin la première sortie à représenter de façon juste la réalité du groupe en concert, et cette masse sonore extensible, élastique qui le caractérise. Masse sonore qui profite en l'occurrence de la participation active de trois membres supplémentaires, Tony Cross et Steve Dye (qui forment à deux Santo Subito) et Alexis Georgopoulos (Tussle, The Alps avec Jefre Cantu) qui, en portant Tarentel au sextet, aident à augmenter les possibilités sonores, ajouter des ornements, adoucir le son.

Ensuite, le montage effectué sur l'enregistrement, moins violent, moins fondamental que sur Home Ruckus, permet de faire de ce "live" un véritable album à part entière avec ses enchaînements, ses ruptures, ses reprises. On regrettera juste que le groupe ne laisse pas un peu parfois faire la magie, et surtout la durée. Certains passages des concerts (comme la fin de la seconde piste ici, et son piano solitaire) perdent en effet beaucoup d'impact lorsqu'ils sont ainsi saucissonnés. Ainsi, contrepartie du montage, Natoma laisse moins de place aux instants suspendus qu'à l'énergie.

Mais plus que jamais, malgré des similitudes avec la "New Weird America" qui resteraient assez superficielles, Natoma témoigne de la personnalité du groupe, encore en reconstruction autour de la désormais maîtresse improvisation. Contrairement à ce qu'on pouvait craindre, le groupe ne s'y est pas perdu comme dans des sables mouvants, sans prise ni point de repère, mais s'est constitué un univers sonore idiosyncratique - que ce soit par le recyclage de sons, y compris les siens propres (la piste 3 reprend ici des passages de Big Black Square) ; la mise à profit des différents niveaux de qualité de son (qui donnent par exemple toute la profondeur des percussions sur cette même piste) ; ou encore le jeu avec les incidents et leur reproduction (certains larsens...) ; enfin, la juxtaposition de l'électronique la plus brute avec des instruments acoustiques comme le piano ou la clarinette.

Natoma ouvre donc le bal d'une série qu'on espère longue, mais surtout, toujours aussi novatrice et intéressante.

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Pochette Disque Live Edits: Natoma

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  • 6 pistes sans titres.

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