Looking for John G.

Rosse

( Distile ) - 2006

» Chronique

le 04.08.2006 à 06:00 · par Gaëtan S.

Si les trois comparses de Looking For John G. vivent à l'image de leur musique, ils ne doivent pas être faciles à suivre. Débauche d'énergie, sautes d'humeur, hargne, tension et moments de creux se succèdent à vitesse (super)sonique pour leur premier album Rosse. 6 morceaux pour à peine plus de 25 minutes, pas le temps de souffler mais assez pour s'en prendre au coin de la figure.

Un peu comme une claque, laissant la joue rouge et la trace des doigts, les parisiens distillent leur rock sans se contenir, de manière sèche. Le son est là pour accentuer l'impression avec une production brute, sans artifice, une guitare vive et énergique, une basse tour à tour ronde puis tendue et une batterie qui brasse. Comme une claque, leur musique est imprévisible, changeant d'allure et de rythme, parcourant le spectre de leurs influences les plus palpables comme The Oxes, Shellac ou même Will Oldham que l'on croirait entendre lors du tout premier chant sur Axis of Gold. Cette voix qui montre des failles et un petit manque de charisme sur un titre tel que Sounds like Inverness mais qui sait entraîner un morceau comme l'introduction parfaite de Paw Paw Paw ou la rage de Poney D..

Une claque qui pourrait aussi être un coup de poing dans la gueule ou un bras d'honneur, une envie d'en découdre, tout de suite, dans la poussière. Avec une approche plus proche du punk que du math rock, les morceaux privilégient la tension, le riff rageur et l'énergie à la technique, la fantaisie et le décalage. C'est donc sobre et efficace, diablement jouissif, ce qui fonctionne bien sur les parties énervées (Boredom in Slow Motion ou Derrabas) mais qui a parfois du mal à convaincre sur des parties calmes ou expérimentales méritant plus de développements musicaux ou de fluidité (la partie centrale et finale de ce même Derrabas).

Pour un premier disque, les Looking for John G. n'ont pas froid aux yeux et savent surprendre sans lasser, jouer sur le fil sans tomber dans le cliché et les références trop marquées pour arriver à un rock imprévisible, énergique et sans retenue. Pour une première sortie, le tout jeune label Distile imprime sa marque sans fanfaronner (le logo est même judicieusement discret sur la très belle pochette du disque) mais avec sincérité et envie. Deux affaires à suivre.

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Pochette Disque Rosse

» Tracklisting

  1. Axis of Gold
  2. Boredom in Slow Motion
  3. Paw Paw Paw
  4. Derrabas
  5. Sounds Like Inverness
  6. Poney D.

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