Shub

If You Can't Read Shub, Bad Luck You're Colorblind

( Goback! ) - 2005

» Chronique

le 25.04.2006 à 06:00 · par Gaëtan S.

Déjà quatre ans que l’on avait plus trop de nouvelles de Shub, le combo gardois sans qui le sud serait bien plus maussade. Et pourtant, à l’écoute de leur nouvelle livraison, on entend rapidement qu’il s’est passé un tas de choses depuis My First Single. Avec un engagement toujours aussi entier, le groupe a gagné en efficacité et en spontanéité. C’est sûrement le résultat de leur passage du quartet au trio, qui permet de gagner en dynamisme et en réactivité, de leurs fréquents départs en tournée, gagnant ainsi en assurance mais aussi à une palette de références encore étendue. Des morceaux noisy rock à la Unwound qui serait entre les mains de The Oxes, voici le Shub nouveau : jouissif et dansant.

Si l'on retrouve toujours la voix particulière et tranchée de Raphaël S, son jeu de guitare a gagné en punch ce qu’il a perdu en mélodies. Un jeu nerveux, parfaitement soutenu par une section rythmique toujours aussi impeccable avec sa batterie remuante et sa basse frisante à souhait. A l’image de La Montée Chromatique, morceau à l’effet élastique, le groupe donne dans un format de chansons hybrides, entre le classique couplet-refrain et les parties instrumentales plus étendues. Passée cette introduction, ce sont sept morceaux tous aussi bouillonnants qui sont au rendez-vous. Parmi eux, le parfait et rageur Give it Back, tendu et tubesque, le groovy et parfois grandiloquent Free for All, le frénétique Ballot Paper ou Last Week, qui pêche un peu de la formule trio en manquant parfois de profondeur sur les parties instrumentales. Les trois compères nous montrent une fois de plus leur engagement, leur intégrité et leur bon goût avec Major, dont les paroles sont tirées de l’essentiel “the problem with music” de Steve Albini. Une ultime résistance et une nouvelle déclaration d’amour au do it yourself qui leur permet de proposer aux montpelliérains et parisiens des concerts essentiels. Le disque, produit par le label/non label du groupe Goback Records, se termine par Disco, un titre qui résume bien le morceau et qui donne la nouvelle voie prise par le groupe.

On ne peut pas parler d’affirmation, vu que Shub a plus de dix ans d’existence derrière lui, mais sûrement de libération. If You Can't Read Shub, Bad Luck You're Colorblind est un pied de nez au rock dépressif mais aussi au rock joyeux : un rock intelligent mais sexy. Si à son écoute vous ne tapez pas frénétiquement du pied et que vous arrivez à rester assis en faisant des mots croisés, pas de chance, vous êtes sourds.

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Pochette Disque If you can't read shub, badluck you're colorblind

» Tracklisting

  1. La montée chromatique
  2. Ballot paper
  3. Give it back
  4. Last week
  5. Free for all
  6. Wrong
  7. Major
  8. Disco

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