Fiona Apple

Extraordinary Machine

( Epic ) - 2005

» Chronique

le 02.03.2006 à 06:00 · par Ludwig H.

Voici un disque attendu que l’on attendait plus. Son prédécesseur When the Pawn[…] , imaginatif jusque dans son titre - l’un des plus longs de l’histoire de la pop- laissait augurer le meilleur par ses arrangements classiques sur lesquels naviguaient une voix et des textes fragiles et recherchés, un piano au souffle court, alternative plus que recommandée à d'envahissantes chanteuses de jazz aux vertus soporifiques.

Pour autant, cette "machine extraordinaire" aura connu un allumage poussif : en 2002, un prototype produit par Jon Brion – (Brad Mehldau, Elliott Smith) jugé inadapté au marché avait fini dans les placards de Sony. Qui sait s’il n’en ressortira pas un jour pour un disque collector lucratif ? Finalement, plus que toutes les manifestations de fans devant le siège de Sony, c’est Ms. Apple elle-même qui débloquera la situation en proposant d’enregistrer une nouvelle version de l’album : elle travaillera avec le producteur en vogue Mike Elizondo (50 Cent, Eminem, Dr. Dre) !

N’auront survécu au formatage que deux morceaux qui sont parmi les plus réussis, l’ouverture Extraordinary Machine et la conclusion Waltz, parfaites dans leurs rôles de belles parenthèses, comme pour mieux contenir le reste. Toutefois, le compromis peut avoir du bon et d'autres morceaux font des merveilles tels O’Sailor à la mélodie alambiquée ou Not About Love et son franc-parler d’accords violents et de changements épuisants. Parting Gift, voix-piano dénudé et agressif, saisit par son ironie tonitruante.

Ailleurs, se dévoilent les failles d’arrangements par trop "mainstream", où certains morceaux potentiellement intéressants finissent en flaque; ainsi font Get Him Back, Oh Well ou Please Please Please malgré son texte visionnaire : "Give us something familiar, something similar to what we know already that will keep us steady, steady going nowhere". Le piano se mord-il la queue ?

D’autres morceaux viennent équilibrer le bilan : Window et ses légèretés électroniques ou l’entraînant Tymps (The Sick In The Head Song). En bref, voici un disque décevant là où il ne prend pas de risques mais parsemé de pépites et de moments gracieux dont il est plus que difficile de se séparer.

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Pochette Disque Extraordinary Machine

» Tracklisting

  1. Extraordinary Machine
  2. Get Him Back
  3. O' Sailor
  4. Better Version of Me
  5. Tymps (The Sick in the Head Song)
  6. Parting Gift
  7. Window
  8. Oh Well
  9. Please Please Please
  10. Red Red Red
  11. Not About Love
  12. Waltz (Better Than Fine)

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