Brendan Murray

Resting Places

( Sedimental ) - 2005

» Chronique

le 24.01.2006 à 06:00 · par Antoine D.

Auteur de débuts relativement confidentiels, Brendan Murray aura bénéficié d'un peu plus de lumière en 2005 grâce à son entrée remarquée dans les rangs du prestigieux label Sedimental. Au programme de Resting Places, quatre pièces orientées vers les drones et l'ambient, mûrement développées entre juin 2001 et septembre 2004, qui sauront vraisemblablement retenir l'attention des amateurs du catalogue Touch : affinités pour les tonalités sous-terraines comme chez Oren Ambarchi et, à l'image de Rosy Parlane, une relation très intense à l'espace conjuguée à des textures très détaillées.

Basés sur des fragments de guitares et des field-recordings retravaillés et bouclés, les alliages de Brendan Murray affichent clairement leur volonté aventureuse, un profond désir de vastes explorations dans des domaines de fréquences étendus : les longues et calmes ondulations côtoient des composantes aiguës (Shore), des approches plus obscures jouent sur les vibrations dans les basses et les souffles graves (Garden (Second Mix), puis Tomb), tandis que les textures n'hésitent pas à évoluer entre des milieux fluides et des surfaces de plus en plus granuleuses.

Diversité, multiplicité des nappes superposées avec beaucoup d'ampleur, telles sont les solides fondations qui permettent à Resting Places de ne jamais sombrer dans des climats trop aseptisés. Mais la richesse de l'album ne se limite pas uniquement à ces courants dominants qui fixent les grandes directions des morceaux, puisqu'elle est aussi présente dans l'habillage sonore proposé par Brendan Murray. Drones lointains, crépitements, bouillonnements ou parasites noisy sont autant d'éléments qui viennent se greffer autour de la colonne vertébrale de ses compositions.

Il séduit par ailleurs dans son traitement minutieux de la tension sur la longue durée (Tomb, dans une veine assez dark, installe une atmosphère de plus en plus oppressante), comme dans sa capacité à jouer une carte plus évolutive. A cet égard, on citera Bed, dont l'introduction (que l'on imaginerait assez facilement être un field-recording de drisses balayées par le vent, entrant en collision avec des mâts) centrée sur une succession de chocs métalliques, en légère résonance, évoquant la nature floue de la frontière entre l'aléatoire et le déterminé, s'évanouit progressivement pour glisser vers une accrétion de masses sonores, lente ascension jusqu'à la rupture, sèche, sur le silence — structure certes assez classique mais impeccablement maîtrisée.

Un sujet abordé de façon complète, des pièces abouties, Resting Places se pose d'ores et déjà en très solide référence de la jeune discographie de Brendan Murray.

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Untitled (Kitchen Window), photo de Caroline Burghardt

» Tracklisting

  1. Shore
  2. Garden (Second Mix)
  3. Bed
  4. Tomb

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