Goblin

Dawn of the Dead

( Cinevox ) - 1978

» Chronique

le 01.02.2006 à 06:00 · par Constantin D.

Barcelone, Carrer Dels Tallers. Une petite rue étroite et vivante comme il y en a des dizaines dans la ville de Gaudì - mais la seule qui centralise la majorité des magasins de disques de la ville. Et notamment l'exigu mais riche Revolver Records, qui abrite au premier étage une sympathique collection de vinyles. Une pochette inconnue... et particulièrement le dos de celle-ci m'interpelle : un jeune homme, grossièrement maquillé en zombie, avec une moustache pubère, reçoit un coup de feu dans le ventre. Son expression hésite entre l'extase et l'indifférence. Une gerbe de sang pollockienne gicle derrière lui. Que celui qui n'a jamais acheté un disque à sa pochette jette ici la première pierre !

Ce disque, c'est la musique du second film de zombies de George Romero, Dawn of the Dead (après le plus célèbre "Night of the Living Dead"), daté de 1979. Goblin, groupe de rock progressif italien mené par Claudio Simonetti (aux claviers), la signe, comme il le fera pour de nombreux autres thrillers italiens.

Les films de Romero sont toujours délicieux à déchiffrer comme des métaphores - du moins lisibles comme tels. Avec ce second film, cette dimension a été accentuée par le metteur en scène américain, qui utilisera la musique comme une façon d'ironiser sur l'action. C'est pourquoi la musique de Goblin que l'on trouve ici n'est que partiellement ce que l'on pourrait attendre de la bande originale d'un film de zombies.

L'ouverture est assez convenue même si fort réussie dans le genre : synthés psychédéliques puissance maximale, imitant très artificiellement des choeurs, grosse caisse battue à la façon d'un rythme cardiaque... puis la basse entre en scène et lance la machine, anémique, avançant, imperturbable. Il faut reconnaître que la musique de Goblin, bien qu'énormément datée, garde une fraîcheur, une richesse d'instrumentation et une maîtrise étonnante après presque trente ans de conservation. Les synthés sont à l'honneur et le son rappelle parfois ce qui va devenir le son MIDI typique des jeux vidéo de la décennie à venir, un type de son également mis à profit par le moins bon Vangelis. Au plus bas de sa forme, le disque rappelle un peu les génériques des séries télé de l'époque et des années 80 (Zaratozom évoque fort fâcheusement K2000, Tirassegno et son violon prépare Arnold & Willy), certainement inspirées du travail précurseur de Goblin. Mais il y a aussi ces morceaux totalement ironiques et second degré, comme Torte a Faccia, hilarante pièce de piano burlesque, qui en dit long sur les intentions du film de Romero.

Dans l'ensemble, le disque est très étonnant dans sa capacité à mélanger les genres, à connaître l'échec comme la réussite, le tout au sein d'un son que l'on sent bien très homogène et très travaillé. Au final, on se retrouve face à d'excellentes surprises comme le morceau Oblio, jazz rock tranquille et presque mélancolique. Pochette pas menteuse, donc.

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Pochette Disque Dawn of the Dead

» Tracklisting

  1. L'alba del morti viventi
  2. Zombi
  3. Safari
  4. Torte in faccia
  5. Ai margini della follia
  6. Zaratozom
  7. La caccia
  8. Tirassegno
  9. Oblio
  10. Risveglio
  11. Zombi (sexy)

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