Ashtray Navigations

The Love that Whirrs

( Last Visible Dog ) - 2005

» Chronique

le 01.11.2005 à 06:00 · par Antoine D.

Dans le sillage de Neil Campbell et de Matthew Bower (avec lesquels il a déjà collaboré), Phil Todd s'est affirmé à travers son projet Ashtray Navigations comme l'un des plus fiers représentants de la scène expérimentale UK, au même titre que des formations telles que Volcano the Bear ou The Shadow Ring. De Siltbreeze à Pseudo Arcana en passant par Celebrate Psi Phenomenon, son long parcours l'a déjà mené sur des labels prestigieux, et pour ce nouvel épisode qui lui ouvre les portes de Last Visible Dog, il s'est entouré de deux étoiles montantes de cette même scène UK, Ben Reynolds et Alexander Neilson. A l'heure où le premier réalise une année 2005 assez incroyable (sa discographie recèle déjà de solides références), le second est l'un des batteurs les plus en vue du moment (Scatter, Directing Hand, collaborations avec Richard Youngs, en live avec Jandek...).

"Play real damn loud and/or on headphones", lit-on à l'intérieur du livret. Une recommandation qui trouve tout particulièrement sa justification sur l'ouverture de l'album. Car avec ses boucles puissantes, ses cordes triturées, ses instruments à vents et ses cymbales en résonance, The Soul of Man under Socialism affirme clairement les affinités d'Ashtray Navigations pour une formule noise très ouverte, qui cultive les sensations hypnotiques et oppressantes. Néanmoins, ces assauts orageux se dissipent rapidement et le trio emmené par Phil Todd renoue peu à peu vers des exercices plus épurés qui imposent une sensation tenace de mystère : delays variés et crissements métalliques sur Darwin's Seal, Animal Tracks & Bones, adjonction de drones, d'un souffle persistant et de pièces qui tintinnabulent sur She's like Black Glass... (avec la participation de Melanie Delaney).

Loin de se confiner à l'exploration de contrées uniquement visitées par des spectres noisy, Phil Todd peut ici s'appuyer sur la spécificité de son line-up pour développer une certaine diversité. Sur une bonne moitié de l'album (pistes 3, 4 et 6), la guitare acoustique de Ben Reynolds se met ainsi plus en avant et vient déposer quelques dégradés mélodiques. Il en résulte alors une touche folk plutôt bienvenue, d'autant plus d'ailleurs lorsqu'elle est soutenue par la batterie d'Alex Neilson (avec un Psychedelic Psamosa pas si éloigné des escapades de Brothers of the Occult Sisterhood). On tient probablement ici la phase la plus réussie du disque, lorsque le trio oscille entre phases abstraites et motifs plus structurés, tout en mettant à l'honneur de subtiles transitions.

S'il n'est sans doute pas l'album idéal pour entrer dans la vaste discographie de Phil Todd (un disque tel que To your Fucking Feather'd Wings ou encore celui paru chez CPsiP seraient vraisemblablement plus appropriés), The Love that Whirrs s'inscrit dans la bonne moyenne d'Ashtray Navigations et vient mettre l'accent sur Ben Reynolds et Alex Neilson, deux musiciens qu'il faudra suivre de très près dans les années à venir. Voilà en tout cas un opus particulièrement recommandé aux amateurs des différents projets de Matthew Bower (Skullflower, Sunroof!, Total, Hototogisu...).

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Artwork: Evelyn Anna Kharag (http://www.kharag.co.uk)

» Tracklisting

  1. The Soul of a Man under Socialism
  2. Darwin's Seal, Animal Tracks and Bones
  3. Swastika'd Angels Will See to your Ruination
  4. Psychedelic Psamosa
  5. She's Like Black Glass on a Pinball Table, Threatening the Love that Whirrs
  6. Sho Shin Sky Poem

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