Oasis

Don't Believe the Truth

( Epic / Sony ) - 2005

» Chronique

le 21.06.2005 à 06:00 · par Eric F.

Depuis combien de temps a-t-on cessé de considérer Oasis comme le futur sauveur du rock ? Bien trop d'années pour que l'on puisse s'en rappeler, cela ne fait aucun doute. Il faut dire que depuis pas mal de temps, le groupe de Manchester prenait un plaisir pervers à se tirer dans le pied en annonçant à chaque nouveau disque son grand retour au sommet, tout en proposant des albums indigestes et gonflés de prétention (Standing on the Shoulders of Giants, franchement...). Pour beaucoup, il ne restait plus qu'à aller voir Oasis sur scène jouer les gros titres qui ont bercé notre adolescence, accompagné nos premières cigarettes, nos slows dansés au son de Wonderwall... Encore faut-il pour cela que les deux frères terribles soient dans un bon jour (on se souvient avec un sourire narquois de leur piteuse performance en première partie de Neil Young à Bercy il y a cinq ans...).

Alors voilà de nouveau les Gallagher sur le retour avec semble-t-il une ambition plus mesurée, ou est-ce simplement le fait d'une exposition médiatique forcément réduite ? Toujours est-il que le titre joue au malin : ne pas croire la vérité ? Comme croire qu'Oasis est un groupe totalement fini ?

C'est en effet ce que semble nier l'ouverture du disque, Turn Up the Sun, qui n'a rien de tonitruant mais qui constitue une plaisante entrée dans ce nouvel album. Mucky Fingers annonce un plagiat éhonté des Rolling Stones ? Perdu, c'est plutôt de l'autre côté de l'Atlantique qu'il faut chercher, entre une rythmique à la Waiting for my Man et quelques intonations à la Dylan. Pour une fois, Noel Gallagher s'en sort plutôt bien niveau vocal, il était temps ! Le premier single, Lyla manque de charisme et d'entrain pour vraiment accrocher. Et on se rend compte que c'est peut être une des clés du succès de ce disque : fini le gros son de stade et les (tentatives de) tubes énormes, le groupe est plus posé, on oserait presque dire plus réfléchi (tant est qu'un Gallagher soit doué de réflexion).

Quelques ballades font un peu dans le dispensable (Love Like a Bomb, Guess God Thinks I'm Abel et Let There Be Love) mais l'ensemble se tient plutôt pas mal. Et pour la première fois depuis des lustres, les influences hyper évidentes d'Oasis s'effacent devant la "marque de fabrique" du groupe qui propose ainsi un disque plus personnel qu'à l'accoutumée. Noel Gallagher, comme un symbole, est d'ailleurs beaucoup plus modeste avec son jeu de guitare, évitant d'étaler des solos interminables toutes les deux secondes, préférant créer des liens avec la guitare rythmique, qui cette fois-ci, fait plus que décorer. Sans savoir si cela se traduira dans les déclarations des frangins Gallagher, il semblerait que ce regain de modestie remette leur groupe sur les bons rails. Sans pour autant avoir un disque exceptionnel, Don't Believe the Truth pourrait ravir quelques nostalgiques assez généreux pour accorder une nouvelle dernière chance à Oasis.

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Pochette Disque Don't Believe The Truth

» Tracklisting

  1. Turn Up The Sun
  2. Mucky Fingers
  3. Lyla
  4. Love Like A Bomb
  5. The Importance Of Being Idle
  6. The Meaning Of Soul
  7. Guess God Thinks I'm Abel
  8. Part Of The Queue
  9. Keep The Dream Alive
  10. A Bell Will Ring
  11. Let There Be Love
  12. I Can See It Now

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