Sleater-Kinney

The Woods

( Sub Pop ) - 2005

» Chronique

le 07.06.2005 à 06:00 · par Eric F.

Promenons nous dans les bois... tant que Sleater Kinney est là... En utilisant cette image jusqu'au bout (ce que semble vouloir faire la pochette du disque), on peut plaindre les pauvres chouettes, écureuils et autres habitants des dits bois qui ont dû passer des moments sacrément agités. Ce n'est en effet pas encore pour aujourd'hui que le trio va se mettre à l'unplugged ou à la musique de chambre.

Distortions et autres effets rock and roll sont une fois plus au menu de ce disque parfaitement enchaîné. Il faut dire que les trois américaines ont désormais plus d'une décennie d'existence dans les pattes. Alors bien sûr, on les sent bien à l'aise dans leur baskets, leur mélange de punk et de rock indé se faisant une fois de plus très efficace. On en arrive même par moments aux sommets de Dig Me Out, l'album le plus exaltant de Sleater Kinney à ce jour. L'enthousiasme qui règne fait plaisir à entendre et se fait souvent communicatif. Il y a pourtant eu du changement dans la vie du groupe : The Woods est en effet le premier album de Sleater Kinney à ne pas sortir chez Kill Rock Stars, Sub Pop les ayant embauchées. Et on finit par se dire que le label a instauré une sorte de bizutage en imposant Dave Fridmann comme producteur de ses nouveaux poulains (cf. The Great Destroyer de Low). Heureusement, l'ancien Mercury Rev a évité de transformer tout ce que le groupe lui proposait en une mélasse symphonique qui plaît tant aux chroniqueurs. Il n'y a peut-être pas de cause à effet, mais on trouve sur ce disque le morceau le plus calme que le groupe ait jamais joué, Modern Girl, joli mid-tempo agrémenté d'harmonica, un virage bien négocié en somme. Moins de tergiversations sur les autres titres qui vont pour le plus souvent à l'essentiel, bien que l'on sente les guitares jouer dans un esprit beaucoup plus libre.

Certains ne manqueront d'ailleurs pas de considérer The Woods comme un Pig Lib punko-féminin, tant Sleater Kinney se complaît parfois dans des structures assez free et fortement influencés par le rock des années 70. L'exemple le plus frappant est Let's Call it Love qui malgré ses onze minutes ne lasse pas une seule seconde. Carrie Brownstein se révèle dans un costume de guitar-hero que l'on n'aurait pas vraiment pensé taillé pour elle : après six minutes d'effervescence, le morceau se barre dans une jam improbable entre solos surprenants et accords plaqués dévastateurs. Du grand art. Quant à la voix de Corin Tucker, elle est toujours aussi perçante et agressive, dans le sens où il est bien dur d'y échapper. Les quelques harmonies tout au long du disque sont elles aussi à un niveau très élevé.

Véritables adeptes d'un heavy rock jamais lourd, les Sleater Kinney signent une nouvelle fois un disque qui sera loin de faire tâche dans votre discothèque rock idéale.

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Pochette Disque The Woods

» Tracklisting

  1. The Fox
  2. Wilderness
  3. What's Mine is Yours
  4. Jumpers
  5. Modern Girl
  6. Entertain
  7. Rollercoaster
  8. Steep Air
  9. Let's Call it Love
  10. Night Light

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