Arcade Fire

Funeral

( Merge Records / Rough Trade ) - 2005

Disponible en import depuis octobre 2004

» Chronique

le 11.05.2005 à 06:00 · par Yann B.

Patrie du hockey, du sirop d’érable, de Neil Young ou des méconnus mais non moins talentueux Molasses, le Canada exporte très régulièrement ses produits les plus savoureux… mais aussi les plus indigestes (cf. la bande à Garou). Parmi ces spécificités régionales, The Arcade Fire, groupe Montréalo-texan à l’allure plutôt godiche, débarque dans les étalages des meilleurs commerçants, armé d’une jolie réputation. Funeral, leur dernière production en date honteusement distribuée sur le tard, mérite en effet qu’on s’y attarde. Car s’il y a des disques qui, dès la première écoute, vous consument d’une passion dévorante, vous transpercent de toutes parts telle l’aiguille dans la veine de feu Kurt Cobain, Funeral est de ceux-là.

Œuvre du couple Win Butler et Régine Chassagne, accompagnés par de nombreux musiciens Montréalais (dont Sophie Trudeau, violoniste de Godspeed You! Black Emperor), l’album composé tout au long de l’année 2003, s’ouvre sur une pièce en quatre actes sobrement intitulée Neighborhood, relatant l’histoire d’amour de deux personnes confrontées à la mort brutale de leurs parents, résonnant aux décès successifs de plusieurs proches du groupe. Ici, trépas, trouille, anarchie émotionnelle alimentent ce disque théâtral et grandiloquent – le tout sur fond de châtiment biblique jalousé par Barbey d’Aurevilly. Seul le très beau Une Année Sans Lumière, en guise de césure à l’hémistiche, parvient à apaiser les tensions.

Sans jamais sombrer dans une mélasse plaintive, la seconde partie de Funeral déroute l’auditeur quant à ses premières impressions. La révolte l’emporte sur le renoncement dans un tourbillon de guitares et de cordes, qui n’est pas sans rappeler les Pixies et New Order. Le brûlant Rebellion (Lies), porteur d’une effervescence explosive, condense toutes les émotions pour régner sur ce disque magistral. Le tout s’achevant par le relaxant In The Backseat, célébrant la plénitude de celui qui a vu l’au-delà. On n’avait plus entendu pareil testament rock depuis The Auteurs et Lift to Experience.

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Pochette Disque Funeral

» Tracklisting

  1. Neighborhood #1 (Tunnels)
  2. Neighborhood #2 (Laïka)
  3. Une Année Sans Lumière
  4. Neighborhood #3 (Power Out)
  5. Neighborhood #4 (7 Kettles)
  6. Crown Of Love
  7. Wake Up
  8. Haïti
  9. Rebellion (Lies)
  10. In The Backseat

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