Kammerflimmer Kollektief

Absencen

( Staubgold ) - 2005

» Chronique

le 01.04.2005 à 06:00 · par Antoine D.

Après une réédition l'an passé chez Queckilber (Hysteria), Kammerflimmer Kollektief fait son retour en ce début 2005 avec un nouvel album, cette fois ci chez le "grand frère" Staubgold. Pas de révolution stylistique au programme, la formation allemande entretient toujours la même richesse instrumentale (saxophone, violon, contrebasse, batterie, harmonium, vibraphone...) pour développer des compositions hybrides, au croisement du jazz et de l'électronique. Pour Absencen, le sextet s'est même entouré de quelques invités, parmi lesquels on compte Pirmin Ullrich (saxophone et clarinette) ou encore Martin Siewert (guitariste chez Trapist, collaborateur chez Radian...).

Pas de grandes nouveautés certes, mais la formule est suffisamment ouverte pour conserver une certaine singularité dans le paysage musical actuel. Comme chez John Hollenbeck ou chez le Cinematic Orchestra, il se dégage une élégance indéniable (une fois de plus pleinement restituée par la chaleur de la production), mais la comparaison s'en tient uniquement à ce critère car du point du vue des compositions, la vision du Kammerflimmer Kollektief s'autorise beaucoup plus de libertés, tout particulièrement dans l'utilisation libre du cuivre, mais aussi dans l'intégration raffinée de l'électronique. Lichterloh ouvre l'album dans un cadre idyllique, où des nappes aux vertus ambient enveloppent une section rythmique toute en finesse (légèreté du toucher sur les cymbales et rondeurs de la contrebasse) et un saxophone qui n'hésite pas à adopter une orientation free-jazz: néanmoins, si cette dernière est généralement associée à la mise en place de nuances variées, elle a tendance ici à s'enfermer dans le même registre tout au long de l'album (toujours des sonorités très douces, y compris dans ses écarts les plus rauques).

Sur les morceaux les plus longs, la formation séduit dans la diversité d'utilisation des instruments (tension sur les cordes du violon et notes en suspension du vibraphone sur Nachtwache, 15. September, entremêlement des mélodies sur Shibboleth, délicatesse des drones imprimés par l'électronique...) et par sa capacité à réussir des assemblages originaux et cohérents. On regrette néanmoins que certains intermèdes ne viennent troubler la continuité de l'ensemble (Hausen par exemple, et ses pulsations trip-hop un peu datées) ou ne gardent qu'un statut embryonnaire (la piste Matt aurait véritablement mérité d'être plus développée et aurait pu se placer en version "éclairée" d'un titre signé Bohren und der Club of Gore). Cependant, au delà de ces quelques reproches, on apprécie cette façon qu'ont les membres du Kammerflimmer Kollektief de s'alimenter mutuellement: chaque instrument fait souvent son entrée de façon instinctive et puise ensuite son inspiration dans les sons environnants, pour aboutir à des titres qui cultivent une belle densité.

Bien qu'étant dans la lignée de ses prédécesseurs, Absencen conserve tout de même une certaine fraîcheur grâce à cette présence palpable de l'improvisation: un disque dans l'ensemble très agréable, avec son lot de compositions qui s'apparentent à la plénitude incarnée.

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Absencen

» Tracklisting

  1. Lichterloh
  2. Nachtwache, 15. September
  3. Hausen
  4. Equilibrium
  5. Alles Glühen
  6. Shibboleth
  7. Nach dem Regen
  8. Betäubt
  9. Unstet (für Jeffrey Lee Pierce)
  10. Matt
  11. "Die Vögel sangen draußen ihre ungereimte Melodie."

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