Dead Meadow

Feathers

( Matador / Naïve ) - 2005

» Chronique

le 06.04.2005 à 06:00 · par Eric F.

Si les fans de rock attendent toujours un messie, il ne fait aucun doute que Dead Meadow ne sera pas l'Elu. Et ce sera une flagrante injustice. A ranger à côté des plus grands disques c(r)amés du rock, ce Feathers est un monument de morceaux agressivo-psychédéliques. Revisitant l'histoire du rock de façon somme toute assez singulière, Dead Meadow clame haut et fort ses convictions les plus profondes: le Grateful Dead était en fait mené par Neil Young; les Jesus & Mary Chain ont toujours été trop renfermés pour inviter Hope Sandoval chez eux; Bardo Pond serait encore plus efficace en ajoutant une dosette de pop dans sa washing-machine, entre autres...

Désormais à des années-lumière de son stoner rock qui devait autant à Hendrix qu'à Black Sabbath, ou plus près de nous aux Queens Of The Stone Age, les quatre Dead Meadow ont réalisé une mue qui ferait un peu figure d'euphémisme si on lui ajoutait l'adjectif "impressionnant" : tout ce que l'on peut attendre d'un groupe novateur et passionnant est réuni sur ce disque. Il va sans dire que la concurrence aura sans doute du mal à se remettre d'un tel coup de massue !

Noyées dans une masse sonore aussi violente que cajoleuse (le syndrome Bardo Pond, donc), les compositions du groupe nous offrent des moments de bravoure qu'on aurait à peine osé rêver entendre: cette wah-wah déchirante sur Heaven ou encore l'épique Eyeless Gaze All Eyes - Don't Tell, en parfaite réplique à l'imposant Let's Jump In initial. Et que dire de At Her Open Door qui pourrait très bien être le meilleur morceau de Magnolia Electric Co. sorti à ce jour avant qu'un break jouissif à l'extrême ne vienne rendre ces considérations assez inutiles ?

Et si Dead Meadow semble donc avoir changé son fusil d'épaule (pour viser encore plus juste), la nouveauté la plus radicale est la place qui est désormais laissée au chant de Jason Simon : il reste encore parfois difficile de comprendre ses textes à l'allure mystique (pense-bête: éviter de faire fuir les anti-hippies...) mais sa voix s'extirpe enfin de la masse sonore pour s'ajouter à cette impression dévastatrice qui vous laisse penser que ce Feathers donne des sensations supérieures à n'importe quelle herbe de top qualité, et ce, à moindre frais en plus ! Et si la référence pourra faire tâche, on ira même rajouter que c'est à cela que la voix de Liam Gallagher aurait toujours dû ressembler...

Pour poser la cerise en haut de ce gâteau himalayen, Dead Meadow livre en pâture une poisseuse version de Through The Gates Of The Sleepy Silver Door captée lors d'un concert du groupe. A n'en pas douter, il y avait au moins une excellente raison de se rendre au concert parisien d'And You Will Know Us By The Trail Of Dead. Ceux qui y ont croisé la route de Dead Meadow doivent sûrement s'en souvenir...

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Pochette Disque Feathers

» Tracklisting

  1. Let's Jump In
  2. Such Hawks Such Hounds
  3. Get Up On Down
  4. Heaven
  5. At Her Open Door
  6. Eyeless Gaze / Don't Tell The Riverman
  7. Stacy's Song
  8. Let It All Pass
  9. ()
  10. Through The Gates Of The Sleepy Silver Door (live)

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