Richmond Fontaine

Post To Wire

( El Cortez ) - 2004

» Chronique

le 20.01.2005 à 06:00 · par Eric F.

Il aura fallu attendre la quatrième livraison des Richmond Fontaine pour voir un de leur disques pointer le bout de son nez dans notre beau (?) pays. Et encore confidentiellement. C'est en tout cas bien dommage, car maintenant que Wilco a terminé sa mue en groupe de rock expérimental et fascinant, les Richmond Fontaine pourraient prétendre au trône laissé vacant de roi de la galvaudée alt-country. Pas étonnant qu'Uncut se soit rué sur cette nouvelle chair fraîche... Mais alors, me direz vous, qu'ont-ils de si particulier ces quatre là ? Tout d'abord, un savoir faire à l'ancienne bien ancré dans ce qui se fait de mieux (belles rythmiques acoustiques, majestueuses pedal steel), des morceaux qui ont le niveau et surtout un chanteur assez impressionnant. Le dénommé Willy Vlautin a un grain de voix qui ferait penser justement à un Jeff Tweedy -mais en plus acerbe- et se révèle être un parolier d'une précision chirurgicale inouïe. Alors, oui, ce Post To Wire est un pseudo concept-country-album, mais franchement on s'en tape royalement tant chaque morceau tient tout seul sur ses pattes.

L'écriture de Vlautin ne cache pas son affection pour les laissés pour compte du rêve américain, s'attardant sur des petits détails qui se révèlent bien souvent poignants. On arrive ici au niveau du Springsteen des grands jours. La série originale des Postcards disséminée tout au long du disque contribue à nous donner une explication : Vlautin est aussi écrivain à ses heures perdues. Ses romans doivent sûrement être très recommandables. De plus, les Richmond Fontaine ne se contentent pas de jouer de la musique de papys, ils y insufflent également une bonne dose de mélodies accrocheuses (Barely Losing, Hallway), de refrains fédérateurs (Post To Wire), de folk déchirant (Two Broken Hearts), voir même de bon vieil indie rock (Montgomery Park). Rien à redire donc sur les morceaux du groupe, parfaitement agencés par les sus-mentionnées Postcards écrites par un personnage nommé Walter qui n'a pas grand chose pour lui mais qu'on ne peut absolument pas ne pas trouver attachant. Un album fort plaisant donc, qui vire même au quasi chef d'oeuvre par la grâce d'un Willamette fort poisseux qui fait un peu mieux comprendre que le nom du label du groupe (monté par ses propres soins) fait bel et bien référence à l'immense Cortez The Killer de Neil Young. La redescente qu'est Valediction n'est même pas ardue, tant tout notre corps et notre esprit sont restés bloqués du côté de l'ensorceleuse Willamette River...

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Pochette Disque Post To Wire

» Tracklisting

  1. The Longer You Wait
  2. Barely Losing
  3. Montgomery Park
  4. (Walter's on the Lam)
  5. Through
  6. (Postcard from California)
  7. Two Broken Hearts
  8. Hallway
  9. (Postcard Written with a Broken Hand)
  10. Post to Wire
  11. Polaroid
  12. Always on the Ride
  13. (Postcard Postmarked Phoenix, AZ)
  14. Allison Johnson
  15. Willamette
  16. Valediction

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