Micah P. Hinson

Micah P. Hinson and the Gospel of Progress

( Sketchbook / La baleine ) - 2004

» Chronique

le 21.12.2004 à 06:00 · par Erwan M.

Entre les chœurs luxuriants de la secte Polyphonic Spree ou les sermons déglingués de Daniel Smith et sa Danielson Famile, le fan de rock en cette fin d’année 2004 ne sait plus trop à quel saint se vouer. Contre toute attente, il se pourrait bien que le messie provienne finalement du Texas : Micah P. Hinson, du haut de ses 23 ans, a l’insolence de nous proposer avec ce Gospel of Progress, l’un des albums les plus avenants qu’il nous ait été donné d’écouter cette année. L’ancien repris de justice, dont le récent passé semble tout droit sorti du film Drugstore Cowboys, suit désormais le chemin de la rédemption en s’octroyant les services d’une poignée de disciples originaires de Manchester, The Earlies.

"There’s no worries now" annonce Hinson sur le titre d’ouverture Yourself Asleep Again. Comptine languissante qui débute sur un synthé mercurique, la voix rauque du chanteur est bientôt rejointe par une guitare acoustique, un violoncelle, une lointaine présence féminine, avant que le rythme ne s’accélère dans une déflagration sonique digne d’une attaque à l’arme chimique. Derrière une apparente simplicité, chaque morceau de la l'album, dans sa progression, dissimule une complexité croissante, savamment orchestrée par les Earlies, auteurs récemment d’un album remarqué et remarquable. Si le squelette de ce folk délicat et gracieux repose sur la trame des guitares acoustiques, une profusion d’instruments (accordéon, harmonium, flûtes, pianos, violons, saxophones) apporte luxe et volupté aux compositions du Texan. Et si l’album séduit dès la première écoute, il révèle par la suite assez de surprises pour ne pas lasser l’auditeur.

Don’t You Forget, l’un des nombreux sommets de l’album, convainc par sa construction cyclique, la répétition quasi-hypnotique des paroles, avant que la seconde partie du morceau ne développe un canevas sonore des plus entraînants. Le thème des chansons reprend en grande partie les épisodes du passé tumultueux de Hinson, entre sombres affaires de drogues et relations avortées. I Still Remember, ballade vaporeuse chantée en duo avec Sarah Lowe, invite à mi-parcours chœurs à la Brian Wilson, avant de s'anesthésier dans la mélancolie d’une steel-guitare, d’un harmonica, et d’un violoncelle. Sur certains passages de l’album, Hinson se rapproche vocalement de Kurt Wagner de Lambchop (The possibilities, At last Our Premises). Sur d’autres, on pense sérieusement à Bill Callahan de Smog (Stand in my way). Un Smog sous amphétamines, sans fausses notes, à l’énergie toute symphonique.

En guise de conclusion, The Day Texas Sank To The Bottom of the Sea, s’avère être le morceau le plus accompli de l’album : la merveilleuse mélodie éthérée, les cordes langoureuses, les chœurs angéliques achèvent de convaincre les plus sceptiques. Dans un proche avenir, nous serons tous convertis au Gospel of Progress.

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Pochette Disque Micah P. Hinson and the Gospel of Progress

» Tracklisting

  1. Close your eyes
  2. Beneath the rose
  3. Don't you (part 1 & 2)
  4. The possibilities
  5. As you can see
  6. At last, our promises
  7. I still remember
  8. The nothing
  9. Stand in my way
  10. Patience
  11. You lost sight on me
  12. Caught in between
  13. The day texas sank to the bottom of the sea

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