Entrance

Wandering Stranger

( Fat Possum ) - 2004

» Chronique

le 04.01.2005 à 06:00 · par Erwan M.

Régulièrement, la jeunesse rock retourne piocher dans les vestiges du passé quelques bons vieux accords en septième de dominante dans l’espoir de raviver une certaine flamme harmonique originaire du Mississippi. Ainsi, ces quelques dernières années, on a vu la musique blues dépoussiérée par toute une tripotée de musiciens indés, White Stripes ou Black Keys en tête de liste. Un objectif : revisiter Robert Johnson et les musiciens du Delta, tout en rajoutant une énergie et une spontanéité post-punk

Guy Blakeslee, originaire de Baltimore, n’échappe pas à la règle : Entrance, où l’éternelle histoire d’un gamin blanc suburbain prêt à en découdre avec la musique du diable. Pourtant le jeune homme de 23 ans réussit avec ce deuxième album là où beaucoup avant lui se sont cassés les dents. Certes, on pourra critiquer l’aspect brut de décoffrage de la production, la quête puérile de l’authenticité qui passe par un enregistrement en mono, le tout brossé en une seule prise, sans prendre la peine de couper les commentaires du chanteur en fin de morceau… Mais le résultat, entre rugosité calculée et sincérité aveugle n’en demeure pas moins convaincant. Wandering Stranger, enregistré à New York l’hiver dernier, séduit d’abord par son côté folk d’outre tombe, et ces mélodies intemporelles.

Savamment partagé entre compositions personnelles et reprises bien choisies (ici, un irrésistible Rex blues emprunté à Van Zandt, là un hypnotique Darlin’ attribué à Blind Willie Mc Tell), Blakeslee concentre ses efforts sur sa voix râpeuse et sa guitare ancestrale et fait appel pour le reste à une paire de violoniste et percussionniste.

Vocalement, Entrance rappelle par moment le falsetto de Devendra Banhart avec qui il a par le passé partagé une tournée, ou les vibratos d’un Marc Bolan. Musicalement, l’album s’inscrit dans une tradition quasi-centenaire: sur un canevas acoustique, le fiddle et les percussions soignées servent de texture à des soli électriques. Morceau phare de l’album, Make me a pallet on your floor, atteint des sommets dignes du meilleur Tim Buckley. L’interprétation est poignante, le ton est juste. Pour clôturer l’album, l’instrumentale Happy trails, multiplie les couches électriques dans une improvisation sonique concluante. Les fans de blues antique apprécieront, les moins convaincus devraient quand même y jeter une oreille…

Retour haut de page

Pochette Disque Wandering Stranger

» Tracklisting

  1. train is leaving
  2. rex's blues
  3. wandering stranger
  4. make me a pallet on your floor
  5. honey in the rock
  6. lonesome road
  7. darling
  8. please be careful in new orleans
  9. happy trails

» Accès Archives

Copyright © 2004-2013 Millefeuille, toute copie intégrale ou partielle est soumise à autorisation. Contacts. En continu.