Richard Buckner

Dents and Shells

( Merge Records / Merge Records ) - 2004

» Chronique

le 17.12.2004 à 06:00 · par Erwan M.

Voila bientôt dix ans que Richard Buckner sillonne les sentiers du meilleur songwriting américain. Injustement méconnu de ce côté-ci de l’atlantique, le routard solitaire poursuit inlassablement depuis Bloomed (1994) son petit bonhomme de chemin entre tradition country-folk et rock alternatif. Alors que sort son sixième album Dents and Shells, il est de nouveau temps de réhabiliter le talent du troubadour. Enregistré entre Tucson, Arizona et Austin, Texas, Buckner, après l’escapade solitaire d’Impasse, s’est de nouveau attribué les services d’une équipe de musiciens accompagnant admirablement sa voix rauque et plaintive. Une guitare boisée, quelques notes de piano, une batterie persuasive, des harmonies à la steel-guitare: le décor, basique, est planté. Les habitués du Monsieur se sentiront chez eux et retrouveront avec plaisir le caractère unique et distinct de ses compositions.

A l’instar d’un Townes Van Zandt, ou d’un Loudon Wainwright, le songwriting de Buckner, intense et concis, fait preuve d’une grande homogénéité et s’avère largement reconnaissable. L’accent est toujours posé sur les textes, profondément humains et honnêtes. Ici, il est généralement question de peines de cœur et d’amertume: en 10 titres et 35 minutes, l'auteur distille ses histoires de tous les jours, dans lesquelles chacun saura se reconnaître.

Les morceaux, souvent courts, demeurent très denses. Charmers, dans sa dimension plus sombre et dramatique contraste avec Invitation, ballade folk éclairée. Sur Firsts, qui n’aurait pas dépareillé sur un album de Smog, la mélodie, subtilement mise en exergue par une guitare acoustique, renforce le caractère contemplatif des paroles. Point fort de l’album, le titre Her, où claviers pop, lâchés de cordes, subtils flashes de steel-guitare, et quelques notes de piano éparpillées ici et là, soutiennent la force évocatrice des paroles: "When was I someone who you let inside and hold on to…". Le dernier morceau, As the waves will always roll, dans une atmosphère énigmatique, met un point final aux festivités, avec l’excellente contribution à la batterie de King Coffey (ex-Butthole Surfer).

Toutes proportions gardées, Dents and Shells s’avère plus optimiste que les deux dernières productions de Buckner. Si la noirceur s’infiltre toujours dans ces paroles d’égarement et de faux pas, on sentirait presque naître un brin d’espoir au milieu de l’obscurité. Les cicatrices passées, quoique toujours apparentes, semblent lentement se refermer. Pour notre plus grand plaisir.

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Pochette Disque Dents and Shells

» Tracklisting

  1. A Chance Counsel
  2. Firsts
  3. Invitation
  4. Straight
  5. Her
  6. Charmers
  7. Fuse
  8. Rafters
  9. Picture Day
  10. As the Waves Will Always Roll

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