Calamalka

Shredders Dub

( Plug Research ) - 2004

» Chronique

le 06.12.2004 à 06:00 · par Antoine D.

Déjà auteur d'un EP et d'une bande originale de film (On the Corner, 2004), Michael Campitelli livre avec Shredders Dub, le premier album de son projet Calamalka. Si le titre indique clairement quelle est l'influence majeure du disque, la démarche de ce producteur et musicien basé à Vancouver ne tarde pourtant pas à révéler son caractère hybride, au croisement du hip-hop et du dub, aussi bien inspiré des racines jamaïquaines (King Tubby, Lee Perry...) que de la scène anglaise (Mad Prof, Adrian Sherwood...).

Bien évidemment omniprésents tout au long des douze pistes de ce disque, les ingrédients dub –qu'il s'agisse des effets en cascade (delays, reverbérations...) ou des choix instrumentaux (basse, guitare, claviers, percussions...)– sont cependant loin de se confiner à un registre strictement "roots". Tout d'abord parce que Michael Campitelli s'appuie le plus souvent sur un jeu de batterie lourd, puissant (voire détonant), ce qui ancre profondément Calamalka dans la notion de beat: un élément rythmique imposant et central au point qu'il symbolise la véritable colonne vertébrale sur laquelle vient se greffer le reste de la production. Par ailleurs, Shredders Dub propose une vision résolument moderne et ouverte en termes d'atmosphères, naviguant au gré des humeurs des lignes de basse, tantôt léthargiques, tantôt plus offensives (Reliable I, Auterzonik). Néanmoins, bien qu'elle fasse parler une certaine efficacité, cette concentration radicale sur la section rythmique débouche sur quelques moments de battement durant lesquels la progression et l'inspiration de Michael Campitelli semblent stagner. Ces quelques carences se font tout de même rapidement oublier tant Calamalka peut compter sur une base solide, faisant parler une maîtrise impeccable des effets appliqués aux instruments, pour finalement aboutir à un assemblage multicolore et minutieux dans son dosage qui se laisse apprécier de façon très immédiate. Car si Shredders Dub évoque de temps à autre des schémas "classiques" (Chassi est un titre relativement traditionnel) ou en appelle parfois à des réminiscences de figures bien connues (Reliable I semble faire flotter le spectre d'un Tricky des grands jours), l'album s'immisce aussi dans des terrains plus surprenants. Outre Lumins et ses faux airs orientaux, ce sont les incursions diversifiées de l'électronique qui suscitent un fort sentiment de fraîcheur, capables de passer d'une ambiance dark et urbaine (Tabla Purists) à des coups d'oeil vers la drum n'bass (Ackee) ou vers l'ambient et ses nappes en suspension (Lightning Rigg).

A l'instar des croisements entre électronique minimaliste et dub entrepris sur le label ~Scape (Pole, Deadbeat...), ce premier album de Calamalka est une entrée en matière originale, qui vient témoigner du fait que le dub est bien loin d'être un style figé. Au contraire, il démontre qu'il est, lui aussi, capable d'ouverture d'esprit et parfaitement apte à emprunter les voies du renouvellement et de l'innovation.

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Shredders Dub

» Tracklisting

  1. Hear the Most
  2. Tabla Purists
  3. Chassi
  4. Auterzonik
  5. Lighting Rigg
  6. Ackee
  7. Bumpea
  8. Reliable I
  9. Ol' Ghost
  10. Gamblor
  11. Lumins
  12. Electric Blue

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