The Stairs

Chime Away

( Access To Vision ) - 2004

» Chronique

le 12.11.2004 à 06:00 · par Jean-Yves B.

Ceux d'entre vous qui sont fans des Silver Jews auront peut-être entendu parler de The Stairs. Toutes proportions gardées, c'est un petit coup de pub que s'est offert ce groupe de Boston, auto-produit parmi des milliers de groupes dont personne n'entendra jamais parler, en reprenant dans son intégralité The Natural Bridge, le deuxième et meilleur album de David Berman. Sans avoir entendu une note de cet album, on pouvait déjà se douter que ces gens-là sont plutôt de bon goût et s'intéresser à eux. Le résultat, appelé The Unnatural Bridge, est, sans surprise, globalement assez anecdotique, mais plutôt sympathique - le groupe propose désormais à tous de venir le télecharger, ainsi qu'une myriade d'albums inédits entiers, sur Soulseek.

Mais voilà, en visitant le site officiel des Stairs, on s'aperçoit que cette bizarrerie n'est qu'une goutte d'eau dans une discographie déjà pléthorique pour un si jeune groupe, pleine de side-projects aux noms bizarres et intrigants. On s'aperçoit aussi que le véritable premier album du groupe, Miraculous Happens, a été encensé par quelques uns des meilleurs webzines américains, mais sans réussir à faire vraiment parler du groupe. Une écoute des mp3 proposés sur le site révèle qu'il s'agit là d'une injustice à réparer le plus vite possible.

Alors la parution cette année de Chime Away, CD 8 titres destiné à faire patienter avant la sortie d'un nouvel album début 2005, est l'occasion d'attirer l'attention sur ces gens qui déclarent eux-mêmes sonner comme "Neutral Milk Hotel, Guided By Voices, Sebadoh, Olivia Tremor Control, The Beatles, Camper Van Beethoven et Pavement, même si toutes ces comparaisons sont paresseuses et faciles". Le fait est que l'écoute de ce disque fait effectivement penser à toute une série de groupes, mais jamais on ne tombe dans le plagiat ennuyeux. Par exemple, Stop Me, Stop Me, Stop Me, Stop Me (Before I Get Creative), qui devrait en toute logique devenir un tube énorme (mais la logique, hein...), rappelle les Strokes (surtout dans les intonations du chant), mais en moins carré, plus intense, plein de petites trouvailles mélodiques et surtout d'humour. Un tube donc, à écouter de toute urgence. Memory School, qui commence comme une ballade mélancolique presque mièvre et bifurque vers un final bruitiste, lorgne plutôt du côté de Eels, mais même Mister E ne fait pas dans un humour aussi noir pour évoquer des souvenirs d'enfance plutôt tordus : "La la la la/It was the best of times/It was the worst night of your life/La la la la/Your mother chased you 'round with a big old kitchen knife ". Ryan Walsh et sa bande confirment leur maîtrise de l'art du contrepied sur l'une des autres réussites de ce disque, The Aunts And Uncles Of Three et son entêtant riff de synthé cheap, en déclarant d'emblée "We're officially bored for the rest of our lives", alors même que la joie de jouer et l'enthousiasme du groupe est palpable à l'écoute.

Chime Away est donc un joyeux bordel, où l'on retrouve à la fois l'esprit slacker de Pavement et le sens mélodique de certains groupes Elephant Six, de l'humour, de l'énergie et du talent - de quoi largement pardonner une ou deux lourdeurs en deuxième partie d'album. Alors on ne peut que conseiller d'aller écouter les très nombreux mp3 disponibles sur leur page web, et plus si affinités (leurs disques étant disponibles à des prix très abordables, et envoyés dans de très bons délais). Un groupe à soutenir et à suivre.

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Pochette Disque Chime Away

» Tracklisting

  1. The Aunts And Uncles Of Three
  2. Stop Me, Stop Me, Stop Me, Stop Me (Before I Get Creative)
  3. Memory School
  4. Commander Mercy
  5. The Faraway People
  6. I Make Maps
  7. Catastrophe In The Library
  8. Bulb Popper

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