The Strokes

Room on fire

( RCA ) - 2003

» Chronique

le 17.11.2003 à 12:00 · par Antoine D.

Les arrivées du premier album des Strokes (Is this it) et du troisième album des White stripes (White blood cells) avaient déclenché en 2001 le déferlement d’une vague de groupes en "The" : un cadeau venu du ciel pour une certaine presse plus opportuniste que spécialisée, et qui se frottait déjà les mains à l’idée de pouvoir publier quelques Unes tapageuses, avec en couverture "le nouveau meilleur groupe du monde de cette semaine", évidemment sous-titré par un facile "Rock n’roll is not dead". C’est ainsi que pendant ces deux dernières années, les rayons rock n’roll et garage-rock des disquaires se sont vus submergés par une avalanche de disques, dont la qualité s’est révélée très hétérogène. Pour beaucoup de ces nouveaux venus de la scène rock, le temps est désormais venu de passer du statut de rookie à celui de sophomore, mais, concernant les Strokes, la genèse de leur retour dans les bacs aura été tumultueuse : côté production, après une courte période d’essai peu convaincante avec Nigel Godrich (Beck, Radiohead, Divine Comedy...), les new-yorkais sont finalement revenus vers Gordon Raphael, déjà producteur d’Is this it.

Pour ce second album, les Strokes sont restés fidèles à leurs sources d’inspiration (Television, Velvet Underground, The Stooges...) mais signent un disque qui ne réserve pas de grandes surprises dans l’écriture, au point de parfois tourner en rond comme l’atteste le titre Reptilia, si proche du Last Nite du précédent album. Certes, les Strokes ne sont pas de grands novateurs (certains de leurs détracteurs allant même jusqu’à les accuser de plagiat), mais alors qu’Is this it présentait au moins l’avantage de regrouper onze titres efficaces et énergiques, ce Room on fire, qui par son titre même, laissait espérer l’incendie, se révèle particulièrement fade et mollasson. Tant au point de vue instrumental que vocal, l’album souffre d’une grande linéarité : mélodies sans grande force, section rythmique plate (si l’on excepte le titre Meet me in the bathroom où la basse relève quelque peu le niveau), voix désabusée et sans âme, et ce n’est sûrement pas la pale mélodie guitare/clavier du single 12:51 qui empêchera Room on fire de susciter l’apathie.

A travers cette absence de renouvellement, ce manque d’enthousiasme et d’énergie, le quintet new-yorkais est l’auteur d’un second album terne, dont les trente laborieuses minutes passent inaperçues, même après plusieurs écoutes : cette maigre demi heure n’est vraiment pas suffisamment intense pour faire de Room on fire un album dont on se souviendra.

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Room on fire

» Tracklisting

  1. What Ever Happened?
  2. Reptilia
  3. Automatic Stop
  4. 12:51
  5. You Talk Way Too Much
  6. Between Love & Hate
  7. Meet Me In The Bathroom
  8. Under Control
  9. The Way It Is
  10. The End Has No End
  11. I Can't Win

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