Placebo

Sleeping with ghosts

( Delabel ) - 2003

» Chronique

le 16.06.2003 à 18:00 · par David P.

Brian Molko est un garçon qui n'a pas de chance. Comme il l'expliquait dans une interview à l'époque de leur deuxième album, Placebo est un des rares groupes disposant d'un fan-club assez actif et important pour leur assurer des disques d'or un peu partout dans le monde à chaque nouvel album. Placebo était donc condamné à avoir un certain succès, tant qu'il y aurait des fans. Et ce n'est pas avec cet album qu'ils vont perdre leur gilet pare-balles.

Sleeping with Ghosts commence d'ailleurs par Bulletproof Cupid. C'est une version instrumentale qui ouvre cet album, alors qu'il dispose de paroles en concert. Morceau assez bourrin mais sans paroles, une impression d'avoir été mis là pour rappeler que Placebo reste un groupe de rock se fait alors sentir. Un peu comme si Molko se sentait obligé de mettre un morceau à grosse guitare pour ne pas décevoir des fans, mais n'osant plus y accoler sa voix, par peur que l'on se rende compte qu'il nous ressert un énième Come Home. Dommage, les paroles écrites auraient pu être un vibrant témoignage d'un groupe prisonnier de son fanclub "Why don't you release me? / Why don't you reject me? / You're my bulletproof cupid / You're my little stupid / You're my fortune faded" etc...

Les premiers mots que prononce donc Molko sur cet album sont finalement : "Always stays the same / Nothing ever changes / English summer rain seems to last for ages". Faisons taire tout de suite ma mauvaise langue, il ne s'agit pas d'un morceau sur la démarche artistique de Placebo, non non. Selon le dossier de presse, il s'agirait d'une attaque très très méchante contre l'Angleterre. Mais bon, c'est sans doute parce que je n'ai pas cité la deuxième et presque dernière ligne de ce morceau que cette "protest song" semble si ridicule. J'arrange ca tout de suite: "I'm in the basement / you're in the sky / I'm in the basement baby, drop on by". Ça y est, la prise de conscience doit être générale, Molko n'est toujours pas un grand parolier.

Puis s'enchaîne un album de Placebo ressemblant aux autres, avec des bons titres, et des moins bons. Seule la production ayant vraiment changé, lorgnant de plus en plus vers de l'electro plutôt correcte mais tellement banale que ca ne surprend jamais, même venant d'un groupe habituellement plutôt rock.

Le songwriting quant à lui reste toujours le même et l'on peut s'amuser au petit jeu du "retrouvons dans quel vieux morceau de Placebo on a déjà entendu cette progression d'accord".

Et c'est comme ça jusqu'à la fin, seul Bitter End, le premier single, arrive à vraiment sortir du lot en gardant un peu de la fougue des débuts sans trop faire dans la redite. Enfin, la redite par rapport au repertoire de Placebo, les amateurs des Chameleons UK connaissant The Fan and The Belows ne risquent pas de lui décerner la palme de l'originalité.

Placebo suit donc son public, l'adolescent les ayant connu au lycée a grandi, et avec le temps, il se range, il a eu son BTS, il construit sa vie et écoute maintenant RTL2, la radio pop rock. Placebo devient alors le chaînon manquant entre OuiFM-Lemouv' et RTL2; le moyen de se rappeler, entre Calogero et DePalmas, qu'on a été jeune et rebelle.

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Sleeping with ghosts

» Tracklisting

  1. Bulletproof Cupid
  2. English Summer Rain
  3. This Picture
  4. Sleeping With Ghosts
  5. The Bitter End
  6. Something Rotten
  7. Plasticine
  8. Special Needs
  9. I'll Be Yours
  10. Second Sight
  11. Protect Me From What I Want
  12. Centrefolds

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