Xiu Xiu

A Promise

( 5 rue Christine ) - 2003

» Chronique

le 09.06.2003 à 12:00 · par David P.

Tout commence par quelques arpèges folk, puis une seconde guitare se fait entendre, juste le temps de renforcer la ligne mélodique avant qu'une voix se fasse entendre. C'est alors le meilleur moment pour arrêter le CD. On est plutôt bien quand même, au chaud devant un ordinateur. La vie n'est pas si horrible que ça, pourquoi se gâcher la journée avec cet album ?

My leather Daddy / Dancing very near / Like a sweetheart would / Hurting my butthole / Like a sweetheart would

Ce disque rappelle certains films comme Dogs Days d'Ulrich Seidl ou Happiness de Todd Solondz dans cette volonté de montrer une certaine forme d'horreur. Mais là où un Seidl évite tout sensationnalisme par le détachement avec lequel il filme ses acteurs, les 4 membres de Xiu Xiu s'y engouffrent allégrement. Car contrairement à leurs précédents travaux, tout a été fait pour que les textes de Jamie Stewart soient mis en avant. Parole semblant devenir de plus en plus de la pure provocation gratuite. Du coup, un morceau comme Walnut House, d'où sont tirées les paroles citées plus haut, se retrouve targué d'un arrangement plus que minimaliste, voire tout simplement raté. Les 3 notes de piano anémique n'apportant rien au propos. Reste alors ce texte sans grand intérêt, ne donnant au mieux qu'un malaise vain, pas si éloigné de celui que l'on pourrait ressentir en regardant un documentaire "TF1" sur le sujet.

Pourtant, sur certains morceaux, le groupe fait mouche, le malaise devient plus profond, comme durant le break de Sad Pony Guerilla Girl quand cette petite chanson folk se voit un bref instant accéléré, déstructuré et rythmé par des bruits de chair digne de certains morceaux de Whitehouse. Et il y a aussi Apistat, véritable petit tube IDM qui nous rappelle les meilleurs moments de leur premier album Knife Play ainsi que l'importance qu'a pu avoir Joy Division dans leur parcours musical.

Mais il y a le reste où le groupe a perdu ses tripes. Leur côté IDM devenant alors assez creux. Là où Knife Play pouvait nous fasciner par l'urgence qui s'en dégageait, cet album donne l'impression d'un groupe qui s'est perdu en chemin, pensant avoir trouvé une petite recette à répéter à l'infini. Mais on sent bien que la démarche est devenue mécanique. La voix de Jamie Stewart frôlant par moments le ridicule dans cette volonté d'en faire toujours trop, se donnant des airs d'un Robert Smith qui voudrait faire croire a sa maman qu'il a mal au ventre pour ne pas aller a l'école. Sauf qu'il nous parle d'horreur.

Si pour vous, les paroles d'un groupe n'ont aucune importance, passez votre chemin et essayez plutôt leurs précédents travaux qui ont suffisamment de qualité pour être apprécié sans rien y comprendre.

Sinon, à vous de voir. Il y a du très bon en petite quantité. Et beaucoup de marchandisation putassière de l'horreur. Mais bon, pour certains, c'est cool ça.

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A promise

» Tracklisting

  1. Sad Pony Guerrilla Girl
  2. Apistat Commander
  3. Walnut Horse
  4. 20,000 Deaths for Eidelyn Gonzales, 20,000 Deaths for Jamie Peterson
  5. Pink City
  6. Sad Redux-O-Grapher
  7. Blacks
  8. Brooklyn Dodgers
  9. Fast Car
  10. Ian Curtis Wishlist

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