Oneida

Secret wars

( Rough Trade / Pias ) - 2004

» Chronique

le 23.01.2004 à 12:00 · par Antoine D.

Ce n'est décidément pas en 2004 qu'Oneida arrêtera d'étoffer sa discographie, puisqu'avec Secret wars, ce trio (anciennement quartet) originaire de Brooklyn signe déjà son sixième album en sept ans d'existence, auquel on oubliera pas d'ajouter une bonne brochette d'EPs, ainsi qu'une série de tournées. Si Oneida a longtemps traîné une réputation arty (cultivée par un buzz typiquement new-yorkais et quelques concerts dans des lofts où autres musées Warholiens) sans cacher un goût prononcé pour le Krautrock (entre Neu!, Faust et Can), il semblerait que leurs influences tendent à s'estomper depuis 2002 et leur collaboration avec leurs confrères Liars sur le split EP Atheists, reconsider. Plus diversifié ici, Oneida n'hésite pas à dévoiler plusieurs facettes soniques, à travers un clavier stressé sur Capt. Bo dignifies the allegations with a response ou sur 50$ tea, une puissance affirmée de la guitare et de la batterie sur The winter shaker, quelques jeux de réverbérations et de percussions sur l'efficace Caesar's column, mais aussi par des sonorités plus déstructurées comme en témoigne The last act, every time. Précisons aussi que pour parvenir à un résultat probant et ne pas se prendre les pieds dans le tapis, Oneida a su bien s'entourer en faisant notamment appel à Nicolas Vernhes, producteur et ingénieur du son français expatrié de l'autre côté de l'Atlantique : déjà entrevu chez Silver jews, David Grubbs, Fisherspooner, Black dice et Perio, sa présence sur Secret wars apporte vraisemblablement la possibilité de varier les plaisirs, et même si le chemin vers un son parfaitement approprié est encore long, le frenchie leur apporte néanmoins un son adéquat et homogène face aux différents registres explorés. Enfin, une fois de plus, Oneida s'essaie aux longs morceaux qui leur permettent le plus souvent de mettre en relief l'aspect le plus psychédélique du clavier. Dans cet exercice, le groupe ne s'était pas toujours montré très convaincant, parfois battant quelque peu de l'aile, comme par exemple sur Double lock your mind, titre de clôture d'Anthem of the moon (2001). Cette fois, avec Changes in the city et ses quatorze minutes, le résultat sur une classique structure montée/mur du son/descente est beaucoup mieux maîtrisé, finissant ainsi un Secret wars qui révèle qu'Oneida assume ses influences et impose sa créativité : un album qui laisse à penser que ces quatre new-yorkais commencent enfin à cerner leur véritable identité.

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Secret wars

» Tracklisting

  1. Treasure Plane
  2. Caesar's Column
  3. Capt. Bo Dignifies the Allegations with a Response
  4. Wild Horses
  5. $50 Tea
  6. The Last Act, Every Time
  7. The Winter Shaker
  8. Changes in the City

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