The New Year

The End Is Near

( Touch And Go ) - 2004

» Chronique

le 25.06.2004 à 12:00 · par Eric F.

C'est toujours avec un plaisir non feint que l'on retrouve les frères Kadane. Deux ans après le premier album de The New Year, voici revenir les deux frangins les plus sous estimés du rock US. Si le précédent Newness Ends nous avait un peu donné l'occasion de se faire à l'idée qu'il existe une vie après Bedhead (des rythmes plus soutenus par exemple), voilà que The New Year rend le plus bel hommage qui soit au groupe défunt. Toujours accompagnés du même line-up (dont Chris Brokaw à la batterie), les Kadane semblent se rappeler avec une petite larme à l'oeil de leur premier groupe. Nous aussi du coup. Bien sûr, ces types là n'ont jamais vraiment innové disque après disque, mais l'esprit conquérant de Bedhead est de retour, tout en gardant quelques acquis de Newness Ends. Et il semble important de noter la production du marathonien Steve Albini, tant son esprit se fond à celui des Kadane tout au long de l'enregistrement. On imagine difficilement des conflits d'intérêts entre ceux là, uniquement motivés à l'idée de rendre le plus justice possible aux chansons. Lesdites chansons qui, comme d'habitude, s'approchent dangereusement de la perfection.

Petite nouveauté, c'est par un piano que s'ouvre l'album, des guitares tendues s'incrustant sur le tard sur ce The End Is Not Near (on espère bien !) idéal en introduction avec ses accents d'adieux (involontaires ?) à Elliott Smith. Tout comme sur Newness Ends, l'acoustique arrive aussi à se faire sa place, notamment sur Sinking Ship. Les mêmes dynamiques sont toujours de mise, même si Chris Brokaw s'est un peu calmé sur ses fûts. On pourrait tout de même regretter que la voix soit tant mise en avant par rapport aux albums de Bedhead, ce qui était incontestablement une des forces du groupe. Ici, Matt Kadane perd du coup un peu de sa superbe, mais heureusement ses textes en forme de flots de pensée restent toujours au top. Et ce n'est pas non plus comme si ses intonations étaient devenues détestables, loin de là. Et histoire de montrer que les Kadane n'ont rien à prouver à personne, ils frappent encore un grand coup avec l'incroyable 18 qui du long de ses huit minutes étale un savoir-faire inégalable dans un style (je commence doucement et je m'élève) bien souvent parasité par des apprentis sans imagination. La chanson est à ranger parmi les plus grandes réussites du tandem tant le temps semble y suspendre son envol. Une encyclopédie suffirait à peine pour en dire tout le bien que l'on peut en penser tant la chanson fourmille d'idées juidcieuses (les notes de l'intro qui se promènenent entre la gauche et la droite par exemple). Tout comme sur Start où l’on retrouve des guitares en balancier, prouvant encore une fois qu'il est tout à fait possible de jouer une musique douce et raffinée avec trois guitares tout en restant incisif ! Les Kadane inventent donc en quelque sorte le powerslowcore... C'est même avec de la surprise que l'on y découvre un Matt Kadane qui tente de se faire imposant au niveau vocal. Cela ne l'empêche pas de jouer sur le ton de la confidence un Sinking Ship doucement mélancolique et acoustique. Heureusement que l'on a une nette impression d'intemporalité, car une fois de plus, ce disque est extrêmement court (à peine plus d'une demi-heure), et c'est donc a renforts de coups sur la touche repeat que l'on finira rassasié de ce grand petit disque.

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