Nina Nastasia

Run to Ruin

( Touch And Go ) - 2003

» Chronique

le 06.10.2003 à 18:00 · par Antoine D.

Seulement un an après The Blackened air et toujours en compagnie de Steve Albini à la production, Nina Nastasia revient avec Run to ruin, un troisième album enregistré en moins d’une semaine en France, dans la région d’Angers (au Black box studio, bien connu d’Albini, puisqu’il y enregistra en 1995, un album des Thugs !).

Au programme, la new-yorkaise d’adoption nous invite une fois de plus à goûter son talent pour le songwriting, entourant sa voix douce et aérée de guitares, basse, banjo, violon, violoncelle, piano et accordéon, la batterie ayant été confiée à un invité de marque, en la personne de Jim White, batteur du trio Dirty Three. Sur ce disque, Nina Nastasia s’éloigne quelque peu du folk de ses précédents albums pour migrer vers une musique plus noire et tourmentée, dans un style relativement proche de PJ Harvey ou de Chan Marshall. Les compositions sont enrichies par de bons choix musicaux, telles les quelques notes de piano distillées sur Superstar ou encore les variations des cordes, tantôt plaintives sur We never talked, tantôt détachées comme sur I say that I will go. Tout au long de l’album, dans une ambiance souvent mélancolique et intimiste, elle pose sa voix avec délicatesse sur des mélodies emmenées par le trio violon/violoncelle/guitares et ponctuées par de surprenantes envolées : on retiendra On teasing et sa montée collégiale, superbement accompagnée en fin de morceau par un hammer-dulcimer au son si proche du sitar, et qui, allié au violon, imprègne une originale teinte orientale. Si la diversité instrumentale et l’intensité dans l’écriture comptent parmi les points forts de Run to ruin, il convient d’y ajouter le jeu éblouissant de Jim White, élégant sur Regrets, puissant sur On Teasing lorsque la grosse caisse tonne comme un canon : la venue du batteur australien est un atout majeur du disque.

Bien que l’on puisse regretter la courte durée de l’album (une demi-heure), Nina Nastasia signe néanmoins un Run to ruin touchant et feutré, remarquablement bien produit, et qui brille par sa cohésion, ses impeccables arrangements, ainsi que par la richesse de jeu des musiciens. Avec cet album, elle exprime sans peine tout son talent, et s’affirme comme l’une des très jolies voix du rock.

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Run to ruin

» Tracklisting

  1. We never talked
  2. I say that I will go
  3. Regrets
  4. You, her and me
  5. Superstar
  6. The body
  7. On teasing
  8. While we talk

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