Oren Ambarchi

Grapes from the estate

( Touch ) - 2004

» Chronique

le 21.09.2004 à 06:00 · par Antoine D.

Très courtisé depuis son dernier album solo (Suspension, 2001), Oren ambarchi avait dernièrement enchaîné les collaborations aux côtés de musiciens tels que Keith Rowe, Chris Townsend (le duo avait adopté le nom de Sun), Gunter Muller, Voice Crack, Martin Ng ou encore Johan Berthling. Récemment toujours, celui que l’on peut aujourd’hui considérer comme l’un des plus brillants représentants d’une scène australienne en pleine effervescence, figurait au line-up du projet The four gentlemen of the guitar en compagnie de Fennesz, Nakamura et Rowe (une formation que la maison Erstwhile Records accueillera d’ailleurs prochainement) et l’on pouvait encore le croiser le temps d’une apparition sur le Tomorrow will be like today de Rand & Holland. Si cette activité débordante atteste aussi de l’éclectisme de ses orientations, les albums solos d’Oren Ambarchi sont plus que jamais l’occasion de profiter d’un travail hors pair sur les guitares, au sein de compositions minimalistes qui inspirent un profond sentiment de quiétude.

Cette atmosphère particulièrement calme est mise en place dès les dix premières minutes à travers les séquences répétitives du titre d’ouverture (Corkscrew) qui propose une lente variation sur les tonalités dans un cadre qui se densifie progressivement. The girl with the silver eyes s’inscrit dans cette continuité, mais cette fois ci l’éventail des hauteurs de notes s’est sensiblement élargi grâce à l’apparition de l’orgue Hammond, bientôt accompagné par une batterie très en recul (cymbales effleurées et frottements des balais). Cet ensemble s’étoffe dans la seconde moitié du titre par l’adjonction d’une mélodie japonisante (le son est assez proche du shamisen), indiquant les prémices d’un recours à une instrumentation plus étendue. A cet égard, les quinze minutes de Remedios the beauty constituent la partie la plus évolutive de l’album, puisque l’on pourra décomposer ce morceau en trois phases distinctes, entrecoupées de transitions en douceur. Tout d’abord, la superposition des couches sur le début du titre entraîne une légère accélération de la cadence, avant qu’Ambarchi ne ralentisse quelque peu, introduisant des cloches pour se livrer à un superbe exercice sur la résonance des notes. Dans la suite du morceau, il séduit par son intelligence dans l’utilisation des instruments, notamment en superposant aux flux des cordes (contributions de Hollo et Grigorov) et à la rythmique de la batterie, une mélodie à la guitare dont les notes en suspension sont prolongées par le piano. Enfin, les dernières minutes du titre laissent les différentes nappes s’entremêler pour de troublants dédoublements, le piano quand à lui s’évanouit dans une courte mélodie hypnotique. C’est en somme l’introduction idéale pour le morceau final, une progression apaisée sur vingt minutes, un long dégradé dessiné par la guitare, où les notes semblent s’intensifier grâce à l’effet conjugué des infrabasses. Il est assez surprenant de constater que l’apparente simplicité de l’album cache en réalité une précision drastique : Oren Ambarchi fait preuve d’énormément de patience pour faire évoluer ses compositions, il atteint ainsi une très belle cohésion sur l’ensemble de Grapes from the estate et parvient à un résultat très apaisant.

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Grapes from the estate

» Tracklisting

  1. Corkscrew
  2. Girl With The Silver Eyes
  3. Remedios The Beauty
  4. Stars Aligned, Webs Spun

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