Heron Oblivion

Heron Oblivion

( Sub Pop ) - 2016

» Chronique

le 21.03.2016 à 06:00 · par Eric F.

Réunissant, entre autres, les talents de Meg Baird et de deux membres de Comets On Fire, Heron Oblivion était attendu de pied ferme. Ne serait-ce que pour montrer la voie à toute cette ribambelle de groupes insupportablement niaiseux pensant avoir réinventé le rock psychédélique. Et puisque Black Mountain ne redressera visiblement pas la barre pour cette année, Heron Oblivion a déjà tout du mètre-étalon pour la cuvée 2016.

Du haut de ses sept morceaux, le disque parvient à un incontestable sans-faute. Il ne faut d'ailleurs pas beaucoup de temps à Meg Baird pour se mettre l'auditeur dans sa poche, tant par son jeu de batterie épuré que par sa voix subtilement éthérée, sans tomber pour autant dans le côté parfois trop médiéval d'Espers, son ancien groupe. De leur côté, Ethan Miller (basse) et Noel Von Harmonson (guitare) nous rappellent à quel point l'annonce d'un nouvel album de Comets On Fire, prévu pour cette année, est une excellente nouvelle. S'ils n'atteignent pas la phénoménale puissance de feu du mastodonte Blue Cathedral, ils n'en sont pas moins à créditer de quelques orages menaçants et salvateurs. Comme sur un Oriar boosté par un riff extrêmement accrocheur qui redonne ses lettres de noblesse à la pédale wah-wah. Heron Oblivion comptera bien quelques fulgurances de ce style, mais le groupe dégage surtout une sacrée impression de sérénité, prenant soin de laisser ses morceaux respirer.

Les doux arpèges de l'intro de Beneath Fields préparent un terrain, forcément boisé, où on est déjà prêt à se perdre. Et malgré quelques passages plus tendus mais toujours empreints d'une classe folle, la voix de Meg Baird continue de flotter au dessus du lot. Ce n'est bien évidemment pas un hasard si ses textes évoquent fréquemment les éléments naturels et les divinités hindoues: Rama, soit le septième avatar de Vishnu, est d'ailleurs la plus belle réussite de ce disque. Prenant un départ minimaliste, le morceau s'envole sur des refrains vertigineux, portés par des chœurs impeccables avant une nouvelle démonstration de force qui renvoie inlassablement aux mêmes monstres du rock des années soixante dix.

Il serait d'ailleurs facile de considérer Heron Oblivion comme un disque revivaliste, surtout en prenant en compte l'influence évidente qu'a eu Sandy Denny sur Meg Baird. Ca n'en resterait pas moins une contre vérité. Car il semble bien qu'Heron Oblivion a entendu parler de Pavement et Sonic Youth, le temps d'un Faro efficace malgré sa trajectoire dangereusement zigzagante. Mais on pensera surtout au magnifique album des King's Daughters & Sons, If Then Not When, par cette faculté à magnifier tout un pan de la musique populaire américaine, comme pour mieux effacer toutes les étiquettes, forcement redondantes lorsqu'on est face à de tels disques.

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Pochette Disque Heron Oblivion

» Tracklisting

  1. Beneath Fields
  2. Oriar
  3. Sudden Lament
  4. Rama
  5. Faro
  6. Seventeen Landscapes
  7. Your Hollows

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