Aldous Harding

Aldous Harding

( Spunk ) - 2015

» Chronique

le 26.10.2015 à 06:00 · par Sébastien T.

Aldous Harding ; une artiste folk de plus ? Et bien non. Il s’agit plutôt d’une artiste libre et sincère sur laquelle il va falloir désormais compter, dans le paysage folk. Même s’il est vrai que la scène folk est déjà assez encombrée, avec les poids lourds du genre qui occupent l’espace, il reste cependant toujours un peu de place pour des artistes de la trempe d’Aldous Harding.

Dès le morceau d’ouverture, on est à la fois surpris et touché en plein coeur par la voix de la néo-zélandaise. Une voix qui vient percer le brouillard épais qui règne tout au long de Stop Your Tears. Une voix assurée et convaincue par l’histoire qui est en train de se jouer là, devant nous. On entend une voix masculine là-bas au loin qui répond au chant mystique de la native de Lyttelton. Et puis il y a cette proximité immédiate qui se crée avec le texte, la voix et la musique tout entière, bref : on est emporté tout de suite par un voyage sur des terres inconnues, une rêverie qu’on voudrait sans fin. On pense tout de suite aux mélopées vaporeuses de Vashti Bunyan, ou bien encore à la délicatesse poétique de Nick Drake, mais très vite, avec Hunter, on suit Aldous dans son propre univers fait de grands espaces et d’histoires fantastiques. Le tout porté par de superbes mélodies, murmurées de la plus belle des façons aux creux de nos oreilles, par la voix habitée d’Aldous (Two Bitten Hearts).

La pochette de l’album éponyme décrit parfaitement ce que l’auditeur s’apprête à vivre au moment d’écouter le disque. Une entrée sans aucun artifice dans un univers intime, concret et à la fois métaphysique. Droit dans les yeux, en face-à-face. Aldous ne triche pas quand elle nous raconte ses histoires mélancoliques. Une guitare suffit ; parfois quelques cordes de violons, pour accompagner le voyage. Peut-être est-ce dû à sa ville natale de Lyttelton, toute petite cité portuaire frappée par un tremblement de terre il y a quelques années et surtout, terres maories pendant plus de 700 ans. Un patrimoine génétique fort, pour une musique balayée par des vents bien inspirés qui l’est tout autant.

Nous ne savons pas à l’heure où nous écrivons ces lignes si la Nouvelle-Zélande gagnera la coupe du monde de rugby en cette année 2015, mais Aldous en tout cas, a déjà conquis nos cœurs et ça, c’est déjà très beau. À quand les concerts en France ?

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Pochette Disque Aldous Harding

» Tracklisting

  1. Stop Your Tears
  2. Hunter
  3. Two Bitten Hearts
  4. Titus Groan
  5. Beast
  6. No Peace
  7. Merriweather
  8. Small Bones Of Courage
  9. Titus Alone

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